On retrouvera Chactas dans les Natchez
3. * Discuter les premières lignes de l'épilogue, où l'auteur apprécie ainsi qu'il suit la portée religieuse et morale de l'histoire d'Atala :
Je vis dans ce récit le tableau du pé*uple chasseur et du peuple laboureur, la religion, première législatrice des hommes, les dangers de l'ignorance et de l'enthousiasme religieux opposés aux lumières, à la charité et au véritable esprit de l'Evangile,les combats des passions et des vertus dans un cœur simple, enfin le triomphe du christianisme sur le sentiment le plus fougueux et la crainte la plus terrible : l'amour et la mort.
RENÉ (1802
Analyse et Extraits.
[René parut en 1802. Comme Atala, ce roman se lie à la fois au Voyage en Amérique et au Génie. 11 fait même en un sens le pendant d 'Atala : René raconte à Chactas sa jeunesse, comme Chactas lui conta la sienne. De plus, Chateaubriand se proposait d'illustrer ainsi le chapitre du Génie intitulé « Du vague des passions», de même qu'Ataîa lui avait servi à préciser le chapitre sur les « harmonies » delà religion chrétienne.
Est-ce uïi roman ? Les incidents sont peu nombreux. Il faut y voir surtout une étude morale, l'analyse de la mélancolie romantique. Au reste, René est Chateaubriand ; le roman est une suite de confidences personnelles, et bien des passages pourront être utilement comparés à ceux que Chateaubriand a écrits sur sa jeunesse, dans ses Mémoires, et dont les plus importants ont été cités au début de ce livre.]
L'enfance et la rêverie1.
J'ai coûté la vie à ma mère en venant au monde
J'avais un frêne, que mon père bénit, parce qu'il voyait en lui son fils aîné: ♦Pour moi, livré de bonne heure à des mains étrangères, je fus élevé loin du toit paternel2.
Mon humeur était impétueuse, mon caractère inégal. Tour à tour bruyant et joyeux, silencieux et triste, je rassemblais autour de moi mes jeunes compagnons, puis, les abandonnant tout à coup, j'allais m'asseoir à l'écart pour contempler la nue fugitive ou entendre la pluie tomber sur le feuillage3.
Chaque automne je revenais au château paternel, situé au milieu des forêts, d'un lac, dans une province reculée4.
4. Les titres donnés ici ne sont pas de l'auteur: le roman se poursuit sans divisions. J'ai cru cependant qu'il était utile pour plus de netteté, de le décomposer ainsi en parties. Ces titres sont encadrés.
2. Chateaubriand fut élevé à la campagne, loin de sa famille.
Voir plus haut Plancoët, p. 30.
3. C'est bien l'humeur de Chateaubriand. Voir ses impressions d'enfance à Saint-Malo et ses escapades sur la plage avec les polissons de la ville. (Mémoires d'Outre- Tombe, Livre I).