Les bâtiments de la marine
3. Palans, appareils composés de deux systèmes de poulies réunies par des cordages. — Cure-môles, machines servant à nettoyer les ports.
4. * Montrer que Chateaubriand a observé avec précision les détails de la vie maritime.
Comparer ses observations sur la vie militaire et l'armée dans
le fragment Marché du Camp, p.
66. Ce n'est point proprement curiosité intellectuelle mais sensation d'artiste.
5. Réflexion un peu inattendue et qui atteste l'influence de Rousseau. Du reste, cette rêverie de Chateaubriand au bord de la mer ou d'un ruisseau rappelle les méditations de Rousseau dans l'île Saint-Pierre au milieu du lac de Bienne. (Voir ce passage dans les Morceaux choisis de Rousseau, par Morne t, p. 322, même collection.)
CHATEAUBRIAND
gagnait; je quittais le mât sur lequel j'étais assis; je remontais le Penfeld qui se jette dans le port; j'arrivais à un coude où ce port disparaissait. Là, lie voyant plus rien qu'une vallée tourbeuse mais entendant encore le murmure confus de la mer et la voix des hommes, je me couchais au bord de la petite rivière. Tantôt regardant couler l'eau, tantôt suivant des yeux le vol de la corneille marine 1 , jouissant du silence autour de moi ou prêtant l'oreille aux coups de marteau du calfat2, je tombais dans la plus profonde rêverie. Au milieu de cette rêverie, si lèvent m'apportait le son du canon d'un vaisseau qui mettait à la voile, je tressaillais et des larmes mouillaient mes yeux. flbid.J.
[Il aurait dû, scmble-t-il, s'embarquer alors, pour suivre ses goûts. Mais brusquement et sans qu'on sache pourquoi, sans que lui-même puisse expliquer son inconstance, la voilà qui rentre au château paternel où il tombe comme des nues, déclarant qu'il veut être prêtre, en réalité ne sachant ce qu'il veut et ne cherchant qu'à gagner du temps. Alors commença ce séjour de plusieurs années à Combourg, où s'exaltèrent, dans la solitude des forêts et des landes, ses passions, ses rêveries, ses mélancolies. Le château était triste et sévère. ]
Description du château de Combourg.
Le château se montrait entre deux groupes d'arbres. Sa triste et sévère façade présentait une courtine3 portant une galerie à mâchicoulis, denticulée4 et couverte. Cette courtine liait ensemble deux tours inégales en âge, en matériaux, en hauteur et en grosseur, lesquelles tours se terminaient par des créneaux surmontés d'un toit pointu, comme un bonnet posé sur une couronne gothique.
Quelques fenêtres grillées apparaissaient çà et là sur la nudité des murs5. Un large perron, raide et droit, de vingtdeux marches, sans rampes, sans garde-fou, remplaçait sur les fossés comblés l'ancien pont-levis. Il atteignait la porte du château percée au milieu de la courtine. Au-dessus de cette
d. Il suivra de même, dans la solitude de Combourg', le vol des oiseaux de passage.
2. Ouvrier qui bouche avec l'étoupe et la poix les fentes d'un navire.