Denticulée = Découpée en forme de dents
5. «Etudier la différence entre le tour abstrait : la nudité des murs et le tour concret : les murs nus.
Fig. 3. — Château de Combourg.
de château est situé eu Ille-et-Vilaiue. Chateaubriand, qui y passa une grande partie de son enfance (cf. p. 36 et suivantes), Ta souvent évoqué dans ses ouvrages, dans René (p. 171), dans le Dernier Abencéragê (p. 307).
JHE UBftABY
LES ANNÉES DE JEUNESSE
porte on voyait les armes des seigneurs de Gombourg et les taillades 1 à travers lesquelles sortaient jadis les bras et les chaînes du pont-levis.
...Nous montâmes le perron ; nous pénétrâmes dans un vestibule sonore, à voûte ogive2, et de ce vestibule dans une petite cour intérieure. De cette cour, nous entrâmes dans le bâtiment regardant au midi sur l'étang et jointif3 des deux petites tours. Le château entier avait la ligure d'un char à quatre roues. Nous nous trouvâmes de plainpied dans une salle jadis appelée la salle des Gardes, Une fenêtre s'ouvrait à chacune de ses extrémités ; deux autres coupaient la ligne latérale. Pour agrandir ces quatre fenêtres, il avait fallu excaver des murs de huit à dix pieds d'épaisseur. Deux corridors à plan incliné, comme le corridor de la grande Pyramide, partaient des deux angles extérieurs de la salle et conduisaient aux petites tours. Un escalier, serpentant dans l'une de ces tours, établissait des relations entre la salle des Gardes et l'étage supérieur : tel était ce corps de logis.
Celui de la façade de la grande et de la grosse tour, dominant le nord, du côté de la cour verte, se composait d'une espèce de dortoir carré et sombre, qui servait de cuisine; il s'accroissait du vestibule, du perron et d'une chapelle. Au dessus de ces pièces était le salon des Archives, ou des Armoiries, ou des Oiseaux, ou des Chevaliers, ainsi nommé d'un plafond semé d'écussons coloriés et d'oiseaux peints. Les embrasures des fenêtres étroites et trèflées étaient si profondes qu'elles formaient des cabinets autour desquels régnait un banc de granit. Mêlez à cela, dans les diverses parties de l'édifice, des passages et des escaliers secrets, des cachots et des donjons, un labyrinthe de galeries couvertes et découvertes, des souterrains murés dont les ramifications étaient inconnues ; partout silence, obscurité et visage de pierre : voilà le château de Gombourg4. (Ibid. Livre II.)
[C'était une vraie forteresse, perdue dans une région désolée ; la tristesse était" grande sur les bruyères de Combourg. Ajoutez que les Chateaubriand ne voyaient âme qui vive, que des mois entiers s'écoulaient sans que personne frappât â leur porte, et que le petit chevalier y vivait dans la continuelle terreur d'un père autoritaire et taciturne.]
1. Les taillades sont les coupures verticales et parallèles des deux côtés de la porte, par où passaient les bras supportant le pont-levis.
2. Voûte ogive — voûte en forme d'ogive ; Fadjectif est ogival.