L'Ecosse
8. Walter Scott, célèbre romancier écossais (1771-1832), dont l'influence fut profonde chez nous pendant le romantisme.
CHATEAUBRIAND
la seconde vue ; dans les bruyères armoricaines, elle n'était qu'une solitaire avantagée de beauté, de génie et de malheur1. (Ibid. Livre III.)
[ Les deux jeunes gens qui s'ennuyaient au château partaient à travers la campagne pour de grandes promenades ; leur imagination s'exaltait dans la solitude. Tous deux faisaient des vers et se les communiquaient ; tous deux lisaient ensemble les passages les plus désolés de la Bible et des poètes latins. Chateaubriand fut, pendant deux années, dans un délire voisin de la folie. ]
Deux années de délire.
Plus la saison était triste, plus elle était en rapport avec moi : le temps des frimas, en rendant les communications moins faciles, isole les habitants des campagnes : on se sent mieux à l'abri des hommes2.
Un caractère moral s'attache aux scènes de l'automne : ces feuilles qui tombent comme nos ans, ces fleurs qui se fanent comme nos heures, ces nuages qui fuient comme nos illusions, cette lumière qui s'affaiblit comme notre intelligence, ce soleil qui se refroidit comme nos amours, ces fleuves qui se glacent comme notre vie, ont des rapports secrets avec nos destinées3.
Je voyais avec un plaisir indicible le retour de la saison des tempêtes4, le passage des cygnes et des ramiers, le rassemblement des corneilles dans la prairie de l'étang, et leur perchée5 à l'entrée de la nuit sur les plus hauts chênes du