Les tamarins sont proprement les fruits du tamarinier
7. Encore un de ces détails très courts, très sobres, qui fixent le caractère spécial d'un paysage.
8. Arène = sable terme poétique, souvent employé par Chateaubriand. Cf. plus haut p. 232.
9. * Comparer cette description à celle de Tacite {Histoires V):
Le Jourdain ne se rend point à la mer ; il traverse, sans rien perdre, nn lac, puis un autre ; reçu dans un troisième, il n'en sort plus. Ce dernier lac, d'un circuit immense, pareil à une mer, avec une saveur plus insupportable, exhale une odeur fétide et pestilentielle. Les vents n'y soulèvent point de vagues ; il ne souffre ni poissons ni oiseaux aquatiques. Ses eaux, élément indécis, portent, comme une
J'avais vu les grands fleuves de l'Amérique1 avec ce plaisir qu'inspirent la solitude et la nature, j'avais visité le Tibre avec empressement, et recherché avec le même intérêt l'Eurotas et le Géphise; mais je ne puis dire ce que j'éprouvai à la vue du Jourdain. Non seulement ce fleuve me rappelait une antiquité fameuse et un des plus beaux noms que jamais la plus belle poésie ait coniiés à la mémoire des hommes, mais ses rives m'offraient encore le théâtre des miracles de ma religion. La Judée est le seul pays de la terre qui retrace au voyageur le souvenir des affaires humaines et des choses du ciel, et qui fasse naître au fond de l'âme, par ce mélange, un sentiment et des pensées qu'aucun autre lieu ne peut inspirer2
Pendant la nuit3 que nous venions de passer sur la grève de la mer Morte, nos Bethléémites étaient assis autour de leur bûcher, leurs fusils couchés à terre à leurs côtés, les chevaux attachés à des piquets, formant un second cercle en dehors. Après avoir bu le café et parlé beaucoup ensemble, ces Arabes tombèrent dans le silence, à l'exception du cheik. Je voyais à la lueur du feu ses gestes expressifs, sa barbe noire, ses dents blanches, les diverses formes qu'il donnait à son vêtement en continuant son récit. Ses compagnons l'écoutaient dans une attention profonde, tous penchés en avant, le visage sur la flamme, tantôt poussant un cri d'admiration, tantôt répétant avec emphase les gestes du conteur : quelques têtes de chevaux qui s'avançaient au-dessus de la troupe et qui se dessinaient dans l'ombre, achevaient de donner à ce tableau le caractère le plus pittoresque, surtout lorsqu'on y joignait un coin du paysage de la mer Morte et des montagnes de Judée4.
surface solide, les objets qu'on y jette. Le plus ignorant comme le plus habile dans l'art de nager sont égalem3nt soutenus. A une certaine époque
de l'année il rejette du bitume
Non loin de là sont des campagnes qui, dit-on, fertiles autrefois et couvertes de cités populeuses, ont été dévorées par le feu du ciel. On ajoute qu'il y reste encore des traces de ce fléau et que la terre elle-même, dont la surface paraît brûlée, a perdu la force de produire . Tous les végétaux, nés sans culture ou semés de main d'homme, avortent en herbe ou en fleur; ou, s'ils parviennent à leur accroissement ordinaire, leur fruit noir et vide se résout en poussière.
(Trad. Burnouf).
1 . Çhateaubriand rappelle avec complaisance ses voyages (cf. plus haut, p. 219).
2. Chateaubriand avait beaucoup pratiqué la Bible : Cf. plus haut, Génie du Christianisme, p.
113. Aussi n'est-il pas étonnant que son imagination réveille aisément en Terre- Sainte* les grands souvenirs de l'Ecriture.
3. Ce passage n'est pas seulement un tableau ; il est présenté comme une preuve de l'attrait qu'ont les Arabes pour.les récits.
4. * Etudier., au point de vue pittoresque et plastique, cette merveilleuse scène de nuit : insister sur les attitudes et sur la coloration.
L'ITINÉRAIRE DE PARIS A JÉRUSALEM