Un cadi ést proprement un juge dans les pays musulmans
3. Voilà l'explication de ce qui précède : Jérusalem, entre toutes les villes d'Orient, est particulièrement lugubre parce qu'elle amis à mort Jesus-Christ.
4. Le Bédouin est l'A rabe du désert. — Fellah est le nom donné en Egypte aux paysans et aux ouvriers.— Entre la Palestine et l'Egypte s'étend le désert de Tîh ou désert des Amalécites, et il est probable que Chateaubriand désigne ici les excursions des janissaires aux contins de l'Egypte. Au reste tout ce tableau est un peu excessif; les détails trop ordinaires (celui du boucher) ou trop extra-
ordinaires (celui du Bédouin) no suffisent pas à justifier sa thèse de l'exceptionnelle désolation de la ville maudite.
5. Indépendants , c'est-à-dire qui ont échappé, par une indépendance morale, à la domination des musulmans.
6. Ici commence une de ces antithèses à effet comme il les cherche volontiers. 11 oppose la sérénité des chrétiens de Jérusalem à la tristesse des Juifs.
7. Non seulement autour mais à ^intérieur. Chateaubriand décrit ainsi l'église du Saint-Sépulcre :
Des prêtres chrétiens des différente sectes habitent les différentes parties de l'édifice. Du haut des arcades, où ils se sont nichés comme des coloinbes, du fond des chapelles et des souterrains, ils font entendre leurs cantiques à toutes les heures du jour et de la nuit; l'orgue du religieux latin, les
L'ITINÉRAIRE DE PARIS A JÉRUSALEM
Dépouillés le matin par un gouverneur turc, le soir les retrouve au pied du Calvaire, priant au lieu où Jésus-Christ souffrit pour le salut des hommes. Leur front est serein, leur bouche est riante l. . .
Tandis que la nouvelle Jérusalem sort ainsi du désert brillante de clarté2, jetez les yeux entre la montagne de Sion et le temple, voyez cet autre petit peuple qui vit séparé du reste des habitants de la cité. Objet particulier de tous lès mépris, il baisse la tête sans se plaindre; il souffre toutes les avanies sans demander justice; il se laisse accabler de coups sans soupirer; on lui demande sa tête, il la présente au cimeterre3. Si quelque membre de cette société proscrite vient à mourir, son compagnon ira pendant la nuit l'enterrer furtivement dans la vallée de Josaphat, à l'ombre du Temple de Salomon. Pénétrez dans la demeure de ce peuple, vous le trouverez dans une affreuse misère, faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui à leur tour le feront lire à leurs enfants4. Ce qu'il faisait il y a cinq mille ans, ce peuple le fait encore. Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem, et rien ne peut le décourager, rien ne peut l'empêcher de tourner ses regards vers Sion. Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris, sans doute; mais pour être frappé d'un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem, il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays : il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer5. Ecrasés par la croix qui les condamne, et qui est plantée sur leurs têtes, cachés près du Temple, dont il ne reste pas pierre sur pierre, ils demeurent dans leur déplorable aveuglement.
cymbales du prêtre abyssin, la voix du caloyer grec, la prière du solitaire arménien, l'espèce de plainte du moine cophte, frappent tour à tour ou tout à la fois votre oreille ; vous ne savez d'où partent ces concerts; vous respirez l'odeur de l'encens sans apercevoir la main qui le brûle.
1. Comparer, dans là même manière idéalisée, la description des chrétiens dans mainte page des Martyrs, par ex. dans le fragment Aux avant-postes, p.
268. En réalité les chrétiens, à Jérusalem, n'étaient point du tout persécutés quand Chateaubriand* visita la ville.