Vains songes = songes menteurs
7. Cette prière est, à peu de chose près, une prière de la liturgie catholique. Chateaubriand prévient le lecteur qu'il
LES MARTYRS
Cependant les serviteurs ne savaient s'ils devaient apprêter le festin sous la vigne ou sous le figuier, comme dansun jour de réjouissance. Ils vont consulter leur maître. Lasthénès leur ordonne de dresser dans la salle des Agapes1 une table d'un buis éclatant. Ils la lavent avec une éponge et la couvrent de corbeilles d'osier, pleines d'un pain sans levain, cuit sous la cendre. Ils apportent ensuite, dans des plats d'une simple argile, des racines, quelques volatiles et des poissons du lac Stymphale, nourriture destinée à la famille2; mais on servit pour les étrangers un chevreau qui avait à peine goûté l'arbousier du mont Aliphère et le cytise du vallon de Ménélée3
Le repas fini, on alla s'asseoir à la porte du verger, sur un banc de pierre qui servait de tribunal à Lasthénès lorsqu'il rendait la justice à ses serviteurs4.
Ainsi qu'un simple pasteur que le sort destine à la gloire, l'Alphée roulait au bas de ce verger, sous une ombre champêtre, des flots que les palmes de Pise5 allaient bientôt couronner. Descendu du bois de Vénus et du tombeau de la nourrice d'Esculape, le Ladon serpentait dans les riantes prairies, et venait mêler son cristal pur au cours de l'Alphée. Les profondes vallées, arrosées par les deux fleuves, étaient plantées de myrtes, d'aunes et de sycomores. Un amphithéâtre de montagnes terminait le cercle entier de l'horizon. La cime de ces montagnes était couverte d'épaisses forêts peuplées d'ours, de cerfs, d'ânes sauvages et de monstrueuses tortues, dont l'écaillé servait à faire des lyres. Vêtus d'une peau de sanglier, des pasteurs conduisaient parmi les roches et les pins de grands troupeaux de
n'y a fait que peu de changements.