Les ag-apes étaient les repas primitifs des chrétiens
2. Chateaubriand se sert ici de certains récits concernant la primitive église, où il est dit que les chrétiens ne mangeaient pas de grosse viande, mais plutôt du poisson, de la volaille et, de préférence encore à tout cela, du laitage, des fruits, des légumes.
3. Toujours la même recherche des noms propres harmonieux, doux à l'oreille. \ Ici se place un épisode. Au moment où le repas commence, arrive un vieillard vénérable appuyé
sur un bâton. C'est Cyrille, évêque de Lacédémone qui a déjà subi le martyre et qui est accueilli avec respect par la famille chrétienne.]
4. Cette coutume antique se retrouve dans la Bible et dans Homère, et Chateaubriand ajoute : « On aperçoit quelques traces de ces mœurs jusque chez nos aïeux, du temps de saint Louis, c'est-à-dire dans le siècle de la religion, de l'héroïsme et de la simplicité ».
5. Pise ou Olympie. Antithèse entre les vergers de l'Arcadie où coule d'abord l'Alphée ignoré, et la vallée de l'Llide où il passe au milieu des triomphateurs.
CHATEAUBRIAND
chèvres. Ces légers animaux étaient consacrés au dieu d'Epidaure1, parce que leur toison était chargée de gomme qui s'attachait à leur barbe et à leur soie lorsqu'ils broutaient le ciste2 sur des hauteurs inaccessibles3.
Tout était grave et riant, simple et sublime dans ce tableau. La lune décroissante paraissait au milieu du ciel, comme les lampes demi-circulaires que les premiers fidèles allumaient aux tombeaux des martyrs 4. (Livre II.)
[À h demande de son père, Cymodocée, pour charmer leurs hôtes, chante en s'accompagnant de la lyre; et, quand elle a fini, Eudore, à la prière de l'évêque Cyrille, entonne un cantique chrétien :]
Chants de Gymodooée et d'Eudore5.
Elle commença par l'éloge des Muses.
« C'est vous, dit-elle, qui avez tout enseigné aux hommes, vous êtes l'unique consolation de la vie; vous prêtez des soupirs à nos douleurs et des harmonies à nos joies. L'homme n'a reçu du ciel qu'un talent, la divine poésie, et c'est vous qui lui avez fait ce présent inestimable. O filles de Mnémosyneî qui chérissez les bois de l'Olympe, les vallons de Tempé et les eaux de Castalie, soutenez la voix d'une vierge consacrée à vos autels6! »
Après cette invocation, Cymodocée chanta la naissance des dieux : Jupiter sauvé de la fureur de son père, Minerve sortie du cerveau de Jupiter, Hébé fille de Junon, Vénus