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A sa main = dans sa main

Cf. plus bas, p. 282, n. 9.

une branche de verveine entourée de deux serpents1. Trois sénanis2, représentant trois druides, s'avançaient à la suite du héraut d'armes : l'un portait un pain, l'autre un vase plein d'eau, le troisième une main d'ivoire. Enfin la druidesse (je reconnus alors sa profession) venait la dernière3. Elle tenait la place de l'archidruide, dont elle était descendue.

On s'avança vers le chêne de trente ans où l'on avait découvert le gui sacré. On dressa au pied de l'arbre un autel de gazon. Les sénanis y brûlèrent un peu de pain, et y répandirent quelques gouttes d'un vin pur. Ensuite un eubage vêtu de blanc monta sur le chêne, et coupa le gui avec la faucille d'or de la druidesse ; une saie blanche étendue sous l'arbre reçut la plante bénite ; les autres eubages frappèrent les victimes, et le gui, divisé en égales parties, fut distribué à rassemblée4.

Cette cérémonie achevée, on retourna à la pierre du tombeau5, on planta une épée nue, pour indiquer le centre du Mallus ou du conseil6 : au pied du dolmen étaient appuyées deux autres pierres, qui en soutenaient une troisième couchée horizontalement. La druidesse monte à cette tribune. Les Gaulois debout et armés l'environnent, tandis que les sénanis et les eubages élèvent des flambeaux : les cœurs étaient secrètement attendris par cette scène7, qui leur rappelait l'ancienne liberté. Quelques guerriers en cheveux blancs laissaient tomber de grosses larmes qui roulaient sur leurs boucliers. Tous penchés en avant et appuyés sur leurs lances, ils semblaient déjà prêter l'oreille aux paroles de la druidesse.

Elle promena quelque temps ses regards sur ces guerriers représentants d'un peuple qui le premier osa dire aux hommes : «Malheur aux vaincus8! », mot impie retombé main-

1. C'est à peu près ainsi que les Romains figuraient leur dieu Mercure, messager de Jupiter, qui avait des ailes aux pieds et portait le caducée.

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