A la vue de = en vue de
10. Cette conclusion est héroïque : c'est le conseil du désespoir. Il paraît que la dernière phrase fut réellement pronon-
LES MARTYRS
[Eudore empêche la révolte des Gaulois, mais ne résiste pas à la passion de Velléda qui meurt pour avoir violé ses vœux (livre X). Alors, il entre dans la voie du repentir, fait publiquement pénitence, quitte l'armée et passe en Egypte pour demander sa retraite à Dioclétien. Il raconte son voyage au Nil et au désert1, son séjour à Alexandrie, puis, sa démission une fois acceptée, son retour chez son père. C'est avec ce livre XI que finit le récit d'Eudore et que commence la seconde partie du poème : l'amour d'Eudore et de Cymodocée (livre XII), l'édit de Dioclétien ordonnant le dénombrement des chrétiens (livre XIII), les fiançailles d'Eudore et de Cymodocée (livre XIV), leur séparation à Athènes, Cymodocée partant pour la Palestine afin de se mettre sous la protection d'Hélène, mère de Constantin, Eudore allant à Rome défendre les chrétiens : ]
Athènes3.
Jamais si brillant spectacle n'avait frappé les regards dEudore. Athènes s'offrait à lui dans toutes ses pompes : le mont Hymette slélevait à l'orient, comme revêtu d'une
cée par un vieux Germain. Du reste,Chateaubriand se fait presque une gloire de ne rien avancer qui ne soit légitimé par un témoignage ancien.
* Commenter une de ses réflexions « Les circonstances les plus indifférentes dans les Martyrs sont toutes fondées sur quelques faits. Je suis persuadé
Sue sous ces rapports Virgile et [omère n'ont rien inventé : c'est ce qui fait que leurs poèmes sont aujourd'hui des autorités pour l'histoire. »
1 . * Comparer à la description de l'Egypte dans V Itinéraire (p. 242) ces lignes des Martyrs :
Figurez-vous, seigneurs, des plages sablonneuses, labourées par les pluies de l'hiver, brûlées par les feux de l'été, d'un aspect rougeâtre et d'une nudité affreuse. Quelquefois seulement des nopals épineux couvrent une petite partie de l'arène sans bornes ; le vent traverse ces forêts armées sans pouvoir courber leurs inflexibles rameaux ; ça et là des débris de vaisseaux pétrifiés étonnent les regards, et des monceaux de pierre élevés de loin à loin servent à marquer le chemin aux caravanes.
Nous marchâmes tout un jour dans
cette plaine. Nous franchîmes une autre chaîne de montagnes, et nous découvrîmes une seconde plaine plus vaste et plus désolée que la première.
La nuit vint, la lune éclairait le désert vide : on n'apercevait, sur une solitude sans ombre, que l'ombre immobile de notre dromadaire et l'ombre errante de quelques troupeaux de gazelles. Le silence n'était interrompu que par le bruit des sangliers qui broyaient des racines flétries, ou par le chant du grillon qui demandait en vain dans ce sable inculte le foyer du laboureur.
Nous reprîmes notre route avant le retour de la lumière. Le soleil se leva dépouillé de ses rayons et semblable à une meule de fer rougie. La chaleur augmentait à chaque instant. Vers la troisième heure du jour, le dromadaire commença à donner des signes d'inquiétude : il enfonçait ses naseaux dans le sable et soufflait avec violence. Par intervalle, l'autruche poussait des sons lugubres. Les serpents et les caméléons se hâtaient de rentrer dans le sein de la terre. (Livre XI.)