‹ Morceaux choisisChapitre 311 sur 530 · Important =s qui importe à · texte numérisé non relu

Important =s qui importe à

5. Voilà le coup de théâtre préparé par tout le développement précédent et d'autant plus dramatique que Chateaubriand a très habilement accumulé toutes les raisons qui devraient commander le silence au régicide.

6. C'est évidemment exagéré, mais Chateaubriand poursuit une vigoureuse antithèse.

CHATEAUBRIAND

il écrit à ce frère, devenu roi, et dont, par conséquent, il est devenu le sujet, pour lui faire l'apologie du régicide, pour lui prouver, par la parole de Dieu et par l'autorité des hommes, qu'il est permis de tuer son roi1. (Ghap. 1er.)

[Toute une partie de l'ouvrage est une riposte vigoureuse aux arguments de Carnot et de certains mécontents. — Il est rentré trop d'émigrés : mais voudrait-on que le roi eût éloigné de la France ceux qui furent jadis ses compagnons de malheur ? • — Le roi, si bien accueilli à son retour, laisse renaître les partis et la division : mais est-il vrai que la joie de la Restauration fût sans mélange et que les partis n'aient pas toujours existé ? — Le roi a repris l'ancienne formule : Par la grâce de Dieu, etc. : mais veut-on, oui ou non, une monarchie ? et si on la veut héréditaire, pourquoi trouver mauvais que le roi dise : Je règne parce que mes ancêtres ont régné ? Puis Chateaubriand aborde la question de la Charte, et montre que la constitution nouvelle peut satisfaire tous les partis. Il répond à quelques objections des républicains : il répond surtout aux objections des royalistes avancés et d'abord à celle-ci que la monarchie constitutionnelle est une invention anglaise, ne s'accordant nullement avec nos mœurs ni avec nos traditions. N'avons-nous pas eu, sous l'ancien régime, le Parlement de Paris qui, après l'échec des vieux Etats-Généraux, fit contrepoids à l'absolutisme royal ? : ]

Ce corps puissant s'était élevé lentement et en silence : d'abord ambulant, ensuite sédentaire à Paris, il avait acquis, par son intégrité et ses lumières, une considération méritée. Dès son origine, il avait sapé les fondements de la féodalité et circonscrit les juridictions seigneuriales. La cour des pairs, laïques et ecclésiastiques, qui formait la haute cour ou le grand conseil du roi, se réunissait au Parlement, dans les causes importantes, avec les princes du sang, et quelquefois avec le roi même. Cette réunion donna au parlement quelque chose de la composition des Etats Généraux. Ceux-ci n'étant convoqués que de loin à loin2, le peuple s'habitua à regarder le parlement comme le corps qui les remplaçait dans l'intervalle des sessions. Le droit de remontrance3 fit entrer dans ce corps une partie du droit public relatif à la levée des impôts. Ainsi croissant

1. Même exagération ; mais c'est de l'excellent pamphlet, et d'ailleurs, même là où le raisonnement pèche, l'auteur en cache habilement les faiblesses.

— On remarquera aussi que, dans cette attaque des régicides, Chateaubriand fait indirectement la leçon au roi Louis XVIII, trop indulgent pour ceux qui ont tué son frère.

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