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CHATEAUBRIAND

nous fait depuis dix ans que nous luttons contre l'esprit de nos institutions1? Nous n'avons réussi qu'à mettre la France dans un état de gêne insupportable : essayons de la bonne foi, ne fût-ce que comme un moyen nouveau d'administration.

Nous l'espérons; le système antinational, antifrançais que l'on a suivi jusqu'ici expirera avec le présent ministère2. Tous les hommes valant quelque chose, las de tant de déceptions, las de se faire une guerre qui ne tourne qu'à leur détriment, qu'à l'affaiblissement de l'Etat, sont prêts à se réunir dans un amour sincère de la légitimité et des libertés publiques3 (Œuvres complètes, VIII, p. 68.)4

[Il fut un sincère ami des Grecs dès les débuts de leur insurrection; voici un extrait d'un article « De la cause des Hellènes » qui eut un grand retentissement (23 octobre 1825).]

De la cause des Hellènes.

Les Grecs semblent encore avoir échappé à la destruction dont ils étaient menacés à l'ouverture de la dernière campagne : ils se sont montrés plus intrépides que jamais. Le siège de Missolonghi5, soit que ce siège ait été levé ou qu'il se soutienne encore, soit que la ville foudroyée doive succomber ou sortir triomphante du milieu des flammes; ce siège, disons-nous, attestera à la postérité que les Hellènes n'ont point dégénéré de leurs ancêtres6. Si les gouvernements étaient assez barbares pour souhaiter la destruction des Grecs 7, il ne fallait pas laisser aux derniers

1. Chateaubriand s'attaque à la fois aux royalistes avancés et aux révolutionnaires libéraux. Il combat Villèle comme il avait combattu Decazes.

2. 11 avait fait pourtant partie de ce ministère, mais la guerre d'Espagne l'avait empêché de surveiller la politique intérieure.

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