Plante grasse, espèce de cactus
roÉsiES
deux arts qui se nuisent, la musique à la poésie, l'opéra à la tragédie1 {Œuvres complètes, 111, 515 2.)
[Il est inutile d'analyser l'intrigue de Moïse. Le sujet en est la première idolâtrie des Hébreux, et l'auteur suppose, en s'appuyant sur certains textes de la Bible, que les Hébreux furent entraînés à l'idolâtrie par les femmes étrangères. Voici un seul exemple, le passage que Chateaubriand jugeait devoir être du plus grand effet, Moïse descendant du Sinaï à la clarté de la lune, en portant les Tables de la Loi : J
Moïse descend du Sinaï.
Sur ces tableaux3 divins Ja main de l'Eternel
Grava toutes les lois du monde et d'Israël.
O toi qui déroulas tous les cieux comme un livre,
Qui détruis d'un regard et d'un souille fais vivre,
Qui traças au soleil sa course de géant,
Qui d'un mot lis sortir l'univers du néant t
Dis par quelle bonté, maître de la nature,
Tu daignais t'abaisser jusqu'à ta créature,
Et parler en secret à mon cœur raffermi
Comme un ami puissant cause avec son ami.
Depuis que je t'ai vu dans les feux du tonnerre,
Je ne puis attacher mes regards à la terre,
Et mon œil cherche encore, frappé de ta splendeur,
Dans ce beau iirmament l'ombre de ta grandeur4.
1. * Discuter ces idées sur le renouvellement de la tragédie.
2. Chateaubriand fit lire sa pièce en 1828 au comité du Théâtre français. Elle fut reçue. Taylor donna des ordres pour le décor et les costumes, Halévy s'occupa de la musique. Mais on objecta à l'auteur qu'il allait être sifflé, que le temps n'était plus propre « aux ouvrages entachés de classique et de religion », que le public voulait « des bouleversements d'unités, des changements de lieux, des entassements d'années, des surprises, des effets inattendus, des coups de théâtre et de poignard ». Il retira sa pièce et il
déclara dans sa Préface qu'on la lirait dans la solitude du cabinet, puisqu'il ne savait quand il pourrait la montrer environnée des prestiges et du bruit du théâtre. « Que de trônes auront croulé, dit-il, avant qu'on soit disposé à s'enquérir comment Nadab prétendaitéleverlesien!»
Nadab dans la pièce est le fils d'Aaron, qui conspire contre Moïse.