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Chateaubriand fait l'éloge du peuple, de sa générosité

L'épisode suivant montrera qu'à d'autres égards, en effet, il neut qu'à se louer de lui. Il rapporte un peu plus haut que des hommes du peuple disaient en regardant la statue de Henri IV sur le Pont-Neuf : « Tu n'aurais

pas fait cette bêtise-là, mon vieux ! »

3. Il venait de rencontrer, sous le costume de général dû gouvernement provisoire, un certain capitaine Dubourg qui avait été autrefois son compagnon de Gand.

4. L'idée du Génie du Christianisme reparaît souvent dans les Mémoires, ce qui est très naturel d'ailleurs.

LA FIN DE LA VIE POLITIQUE

\ coup je me sens pressé; un cri part : « Vive le défenseur de la liberté de la presse1! » Mes cheveux m'avaient fait reconnaître. Aussitôt des jeunes gens me saisissent et me

| disent : « Où allez-vous? Nous allons vous porter. » Je ne savais que répondre; je remerciais; je me débattais; je

| suppliais de me laisser aller. L'heure de la réunion à la Chambre des pairs n'était pas encore arrivée. Les jeunes gens ne cessaient de crier : « Où allez-vous? où allez-vous ? » Je répondis au hasard : « Eh bien, au Palais-Royal! » Aussitôt j'y suis conduit aux cris de : « Vive la Charte! vive la liberté de la presse ! vive Chateaubriand î » Dans la cour

; des Fontaines, M. Barba, le libraire, sortit de sa maison et vint m'embrasser.

Nous arrivons au Palais-Royal ; on me bouscule dans un

ij café sous la galerie de bois. Je mourais de chaud. Je réitère à mains jointes2 ma demande en rémission de ma gloire3 :

jj point; toute cette jeunesse refuse de me lâcher. Il y avait dans la foule un homme en veste à manches retroussées, à

j mains noires, à figure sinistre, aux yeux ardents, tel que

| j'en avais tant vu au commencement de la Révolution : il

> essayait continuellement de s'approcher de moi, et les jeunes

î gens le repoussaient toujours. Je n'ai su ni son nom ni ce

j qu'il me voulait.

î II fallut me résoudre à dire enfin que j'allais à la Cham* \ bre des pairs. Nous quittâmes le café; les acclamations ij recommencèrent. Dans la cour du Louvre, diverses espèces ij de cris se firent entendre : on disait : « Aux Tuileries ! aux |! Tuileries ! », les autres : « Vive le premier consul ! ».et sem- : blaient vouloir me faire l'héritier de Bonaparte républicain4. Hyacinthe5, qui m'accompagnait, recevait sa part des ; poignées de main et des embrassades. Nous traversâmes le pont des Arts et nous prîmes la rue de Seine. On accourait sur notre passage; on se mettait aux fenêtres. Je souffrais ; de tant d'honneurs6, car on m'arrachaft les bras. Un des

se relâcher un peu de ces démonstrations d'enthousiasme.

4. Avant que Napoléon ne perçât sous Bonaparte, comme dit Victor Hugo.

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