Hyémal = hivernal. (Mot très rare
LA VIE DE RETRAITÉ ET DE VOYAGES
: des tendresses que tu rue disais quand tu étais jeune1 ?
i Vraiment tu ne parlais pas trop mal de moi. D'où vient
; maintenant ton silence? Où vas-tu seul et si tard? Tu ne
cesses donc de recommencer ta carrière2 ? »
î O lune! vous avez raison3; mais si je parlais bien de
| vos charmes, vous savez les services que vous me rendiez ;
\ vous éclairiez mes pas, alors que je me promenais avec
! mon fantôme d'amour4 ; aujourd'hui ma tète est argentée à
j l'instar de votre visage et vous vous étonnez de me trouver
\ solitaire5! et vous me dédaignez! J'ai pourtant passé des
< nuits entières envelopj)é dans vos voiles ; osez-vous nier
\ nos rendez-vous parmi les gazons et le long de la mer6 ?
; Que de fois vous avez regardé mes yeux passionnément
i attachés sur les vôtres! Astre ingrat et moqueur, vous me
j demandez où je vais si tard7 : il est dur de me reprocher
| la continuation de mes voyages. Ah ! si je marche autant
que vous, je ne rajeunis pas à votre exemple, vous qui
c rentrez chaque mois sous le cercle brillant de votre ber-
\ ceau ! Je ne compte pas des lunes nouvelles, mon décompte
\ n'a d'autre terme que ma complète disparition, et, quand je
s m'éteindrai, je ne rallumerai pas mon flambeau comme
\ vous rallumez le vôtre8 ! (Mémoires d'Outre- Tombe, VI, 6J.)
[Dès son arrivée à Prague, à la nuit, il se fait conduire près de Charles X ;]
| Entrevue avec Charles X.
\ A neuf heures et demie du soir 9, je me mis en marche ; un
\ homme de l'auberge, sachant quelques mots de français, me
1 . Se reporter, un peu dans toutes ses œuvres, aux descriptions des clairs de lune. Quelquesunes ont été citées pp. 76, 101.