‹ Morceaux choisisChapitre 496 sur 530 · Tour archaïque = sHl n'aimait pas mieux · texte numérisé non relu

Tour archaïque = sHl n'aimait pas mieux

LE CONGRÈS DE VÉRONE

avec son coude; pourtant, rien n'était moins embarrassé que cet homme de ressource, d'esprit et d'imagination en emprunts ; nous l'avions déjà vu à Vérone. Il nous expliqua ses plans d'une manière un peu longue ; ils n'étaient pas très clairs, mais ils étaient ingénieux; si la lumière n'y pénétrait partout, les obscurités, laissées çà et là, étaient peut-être des obscurités savantes d'où se dégagerait l'inconnue. Du reste, le changeur d'effets et de royaumes ne manquait pas d'élégance; s'il faut en croire un proverbe d'Espagne, lorsque dans la jeunesse on a rencontré la beauté, elle vous laisse de quoi vous défendre du temps : la disgrâce des années tardives a moins de prise sur vous.

Pour nous délivrer de ce rendez-vous de mouches qui bourdonnent partout où s'épand quelque goutte d'or, nous n'avions pas, comme l'amiral turc de M. Choiseul-Gouther, un lion familier venant sentir aux mains de nos visiteurs; mais nous avions un négrillon qui leur passait entre les jambes, les tiraillait et les interrompait dans leurs discours1. Il nous avait été envoyé d'Egypte par notre hôte et notre ami M. Drovetti2. Il était fils de prince, il s'appelait Morgan (la perle), nom de tendresse que lui avait donné sa mère, égorgée par les soldats du pacha. . .

C'était ainsi qu'à travers les conseils, les discours, les Chambres, les projets de loi, les sollicitations, les plaintes, les audiences, les visites, les dîners et les bals (car nous donnions aussi des fêtes), c'était ainsi que contrarié de cent façons nous poursuivions nos opérations d'Espagne, passant les nuits à écrire, trouvant encore le temps de barbouiller quelques pages de nos Mémoires, d'aller, en souvenir de notre vie errante, chercher quelque image de cette vie (Guerre d'Espagne, Chap. 56.)

1. Chateaubriand est souvent amusant. Il à le sens du comique. On en a vu maints exemples dans les Mémoires. Au reste toute cette page semble détachée des Mémoires, Chateau-

briand n'ayant presque rien dit, dans ceux-ci, de son ministère.

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