Poésie publiée en
Lebrun avait voyagé en Grèce de 1820 à 1822. (Cf. R. Canat, op. cit. p. 36 à 40). — Comparer notre Chateaubriand, pp. 205, 220, 225.
APPENDICE
L'air, ainsi qu'un lait pur, coulait délicieux; La transparente nuit brillait bleue et sereine, C'était un autre jour qui reposait les yeux1. Mais l'aube de la lune aux astres radieux Annonçait leur rêveuse reine
Doux bords, même embellis de mes jours de douleurs! Chemin de Marathon! Kelidonou! Colone!
O penchants de l'Hymette! ô leur fraîche couleur, Quand le matin peignait comme un pêcher en fleur Le mont qui d'abeilles bourdonne!. ....
Sans cesse enfin j'y vole, égarant mon essor Du Pnyx aux oliviers, de la source au platane ; Du couvent de Daphné je cueille les fruits d'or, Bois à l'eau du Céphise et mange en songe encor Les blonds raisins de la sultane.
Je suis cette hirondelle, hôtesse de Fauvel, Que, dans Athène aussi, notre vue amusée, Parmi les monuments, d'un vol continuel Regardait s'enivrer comme folle du ciel Et du beau temple de Thésée !
B. — Quinet, De la Grèce moderne2.
On pourra faire les comparaisons suivantes avec Chateaubriand :
Pour la description du Péloponèse : Chateaubriand, p. 209, 211. — Quinet (Œuvres complètes, V, 195), le passage qui commence ainsi : « Courons vite, mes braves guides ».
Sur Athènes : Chateaubriand, p. 217. — Quinet (Œuvres complètes, V, 368). Quinet s'y applaudit d'avoir trouvé Athènes en ruines, après le dernier siège, parce que les ruines modernes ont démasqué les ruines antiques :
La plupart des voyageurs qui m'ont précédé se sont plaints que l'impression sérieuse des ruines fût troublée par le babil de la ville moderne. Je considère comme une bonne fortune d'avoir visité la ville de Minerve dans ces temps de désastres. J'eusse pu me croire arrivé le lendemain
1. Cf. dans les Martyrs, p. 255 ; « Ce n'étaient point des ténèbres, c'était seulement l'absence de jour. L'air était doux comme le lait. »
2. Quinet voyagea en Grèce en 1829 (cf. R. Canat, op. cit. p.
41 sq.). La Grèce moderne parut en 1830. Elle est publiée au tome V des œuvres complètes de Quinet (éd. Pagnerre).
CHATEAUBRIAND
de l'incendie de Xerxès ou des massacres de Sylla. Privée de ses habitants, livrée à un maître étranger, tout dans Athènes réveille les pensées d'un autre temps. Même ce qu'il y a aujourd'hui de moins triste chez elle ce sont les ruines. L'œil, fatigué d'errer sur un sol brûlé par l'incendie, sur des décombres, sur des huttes de branches de pin, cherche pour se reposer les colonnes et les murailles de l'antiquité.