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C. — Ampère, La Grèce, Rome et Dante

Ampère, grand ami de Chateaubriand à l'Abbaye-aux- Bois, lit son pèlerinage en Grèce, avec Mérimée, en 1841. L'ouvrage est intéressant et tout rempli de souvenirs de Chateaubriand. On y trouvera, en maint endroit, des impressions de paysages qu'on pourra comparer aux récits de l'Itinéraire. — Au point de vue des mœurs, l'originalité de l'ouvrage est dans ce fait que Ampère retrouve partout la Grèce antique dans la Grèce moderne.

D. — Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse2.

Renan vit la Grèce au cours de sa mission en Syrie (1860). La Prière sur V Acropole est un témoignage de la forte impression qu'il ressentit en face du Parthénon.

* Comparer la Prière sur V Acropole à la description de Chateaubriand, pp. 220 et 222.

On remarquera en outre que les deux premiers couplets de cette prière ont pu être inspirés par trois passages de Chateaubriand, l'un des Martyrs, l'autre des Natchez, le troisième de René. Je souligne les ressemblances :

[Texte de Renan] : Je suis né, déesse aux yeux bleus, de parents barbares, chez les Cimmériens bons et vertueux, qui habitent au bord d'une mer sombre, hérissée de rochers, toujours battue par les orages. On y connaît à peine le soleil; les fleurs sont les mousses marines, les algues et les coquillages coloriés qu'on trouve au fond des baies solitaires. Les nuages y paraissent sans couleur, et la joie même y est tin peu triste. . . J'entendis, quand j'étais jeune, les chansons des voyages polaires ; je fus bercé au souvenir des glaces flottantes . . .

[Les Natchez] (cf. plus haut, p. 367, n. 2).

[Les Martyrs] (cf. p. 277, n. 2).

[René] (cf. p. 170), « Le chant naturel de l'homme est triste, lors même qu'il exprime le bonheur. »

d. Publié en 1848. Cf. R. Canat, op. cit. p. 152 sq. 2. Publié en 1876-1882.

APPENDICE

E. — About, La Grèce contemporaine1.

a) Comparer la description de Sparte dans Chateaubriand, p. 211, et les bords de l'Eurotas dans About (I, 6), depuis : « L'Eurotas est le plus beau fleuve de la Morée. . . » jusqu'à : « L'ancienne Sparte a péri tout entière. . . ». Remarquer que About conteste certains détails à Chateaubriand, sur le cours de l'Eurotas.

Son lit peut avoir là quinze mètres de large ; l'eau très claire et très rapide, coule sur un lit de sable fin, entre deux massifs d'arbres derrière lesquels s'élèvent de beaux rochers, grands, taillés â pic, de couleur tantôt

rougeâtre, tantôt dorée. Le pont est d'une seule arche, très hardie

Ici, les lauriers-roses sont de véritables arbres, plus grands que des chênes de vingt ans. Il ne faut pas penser cependant, comme M. de Chateaubriand l'a fait croire à beaucoup de monde, qu'on n'en trouve que sur l'Eurotas. Il n'y a pas de ruisseau sans lauriers-roses.

b) Comparer au décor du début des Martyrs, c'est-à-dire les bords de l'Alphée et du Ladon (cf. pp. 257, 259, 263), la description d'About (I, 7), depuis : « Le Ladon, le plus beau des fleuves de l'Arcadie », jusqu'à : « Et partout des clématites, des lianes de toute espèce. »

F. — Barres, Le Voyage de Sparte2.

Comparer à la description de Sparte dans Chateaubriand p. 211, le passage de M. Barrés (pp. 211 et 229), depuis « Bientôt je vis sans obstacle le Taygète », jusqu'à : «< Le paradis est un cimetière. Les cyprès y commémorent le plus illustre des deuils ».

On remarquera que cette dernière description, tout en marquant aussi la désolation du paysage, signale pourtant en plus d'un endroit la richesse luxuriante de la végétation et la fertilité de la plaine :

Je m'engage entre les huttes qui recouvrent, dit-on, la Sparte des héros. Partout des arbres à fruits et de petites rivières. J'aperçois deux gerbes bruissantes qui tombent de la montagne. Que ne peut la lumière de Grèce 1 Elle change en beauté une colonne de poussière soulevée au loin par le vent. .. Sparte, le soir où j'y parvins, embaumait lelilas en fleur. Parmi les blanches maisons de ce grand village neuf, je crus,, au premier regard, retrouver l'Andalousie, Grenade, par exemple...

4. 1855. (About fut élève de l'Ecole d'Athènes en 1851.) 2. 1895.

CHATEAUBRIAND

APPENDICE VII

[CHATEAUBRIAND ET LA PALESTINE] Comparaison avec Lamartine et Loti*

A. — Lamartine, Voyage en Orient1.

Comparer, à la description de Jérusalem dans Chateaubriand pp. 235 à 239, celle de Lamartine, depuis : « La montagne des Oliviers, au sommet de laquelle je suis assis »

jusqu'à : « La ville, ainsi portée et présentée sur son plateau large et élevé, semble briller encore de toute l'antique splendeur de ses prophéties ».

On remarquera que si Lamartine, comme Chateaubriand, fait une peinture désolée de la vallée de Josaphat, en revanche il contredit Chateaubriand dans la description de la ville elle-même; car c'est, à n'en pas douter, l'auteur de Yltinéraire qu'il vise dans ces lignes :

Cette ville, non pas, comme on nous l'a représentée, amas informe et confus de ruines et de cendres sur lequel sont jetées quelques chaumières d'Arabes ou plantées quelques tentes de Bédouins mais

ville brillante de lumière et de couleur, présente noblement aux regards ses murs intacts et crénelés, sa mosquée bleue avec ses colonnades

blanches, ses milliers de dômes resplendissants , les façades de ses

maisons teintes, par le temps et par les étés, de la couleur jaune et dorée des édifices de Passtum.

B. — Loti, Jérusalem2.

Comparer à la description de la mer Morte et du Jourdain dansChateaubriand,p.231,le passage de Loti qui va depuis : « Sur la sinistre grève où nous arrivons. . . » jusqu'à : « Des tristesses et des silences infinis sont descendus sur lui comme sur toute cette Palestine à l'abandon. »

Loti marque, comme Chateaubriand, la désolation de la Palestine, le caractère sinistre de la mer Morte, de ses eaux tachées de bitume, de ses bords calcinés, où vient se perdre le Jourdain jaunâtre et limoneux :

Il y a d'abord une ligne de défense qu'il faut franchir, une ceinture de bois flottés, de branches et d'arbres dépouillés de toute écorce, presque pétrifiés dans les bains chimiques, blanchis comme des ossements

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