C'est-à-dire la vie régulière et rangée
4. Allusion au Génie du Christianisme. Cette description montre bien quel encouragement
apporta à Chateaubriand, pour écrire son livre, cette vue des églises qui se rouvraient. Il sentit qu'il venait à son heure et qu'il avait bien fait de rentrer en France. Remarquer l'image symbolique qui est tout à fait de circonstance, dans ce réveil religieux.
5. Les émigrés, en effet, rentraient peu a peu. Et ce fut un spectacle douloureux pour Chateaubriand que cette réconciliation des victimes et des bourreaux, par la volonté de Ronaparte. (Voir plus loin, dans ses écrits politiques à partir de 1815, ses attaques contre les bourreaux et contre ceux des régicides avec qui Louis XVIII s'était réconcilié.)
CHATEAUBRIAND
la rue de Lille, avaient le cou blanc comme de la chair de poulet. Les septembriseurs1, ayant changé de nom et de quartier, s'étaient faits marchands de pommes cuites au coin des bornes ; mais ils étaient souvent obliges de déguerpir, parce que le peuple, qui les reconnaissait, renversait leur échoppe et les voulait assommer2. Les révolutionnaires enrichis commençaient à s'emménager dans les grands hôtels vendus du faubourg Saint-Germain. En train de devenir barons et comtes, les Jacobins ne parlaient que des horreurs de 1793, de la nécessité de châtier les prolétaires et de réprimer les excès de la populace. Bonaparte, plaçant les Brutus et les Scévola à la police, se préparait à les barioler de rubans, à les salir de titres3, à les forcer de trahir leurs opinions et de déshonorer leurs crimes4. Entre tout cela poussait une génération vigoureuse, semée dans le sang, et s'élevant pour ne plus répandre que celui de l'étranger ; de jour en jour s'accomplissait la métamorphose des républicains en impérialistes et de la tyrannie de tous dans le despotisme d'un seul5. (Ibid. Deuxième partie, Livre I).
[La réouverture des églises fit comprendre à Chateaubriand que l'heure était propice pour célébrer le christianisme. Il y était encouragé par un groupe d'amis dont la sympathie lui fut précieuse à tous égards.]
Mme de Beaumont, sa société.
Mœe de Beaumont6, plutôt mal que bien de figure, est fort ressemblante dans un portrait fait par Mme Lebrun. Son visage était amaigri et pâle ; ses yeux, coupés en amande,
d. Les massacreurs des journées de septembre (2 au 6 septembre 1792).