‹ Morceaux choisisChapitre 72 sur 530 · Un bon sens = du bon sens · texte numérisé non relu

Un bon sens = du bon sens

3. Image poétique et gracieuse, comme il convient ici puisqu'il parle poésie, et aussi image évangélique, très à sa place puisqu'il parle religion. — On voit la méthode. Chateaubriand s'adresse au bon sens et à l'imagination de la foule.

4. Voltaire est un peu inattendu. Chateaubriand loue ici l'auteur de Zaïre et d'Alzire.

CHATEAUBRIAND

vous retracent ses miracles. Dans les belles-lettres, l'histoire, l'éloquence, la philosophie? que n'ont point fait par son inspiration Bossuet, Fénelon, Massillon, Bourdaloue, Bacon, Pascal, Euler, Newton, Leibnitz ! Dans les arts ? que de chefs-d'œuvre ! Si vous l'examinez dans son culte, que de choses ne vous disent point et ses vieilles églises gothiques et ses prières admirables et ses superbes cérémonies ! Parmi son clergé, voyez tous ces hommes qui vous ont transmis la langue et les ouvrages de Rome et de la Grèce, tous ces solitaires de la Thébaïole, tous ces lieux de refuge pour les infortunés, tous ces missionnaires à la Chine1, au Canada, au Paraguay, sans oublier les ordres militaires, d'où va naître la chevalerie ! Mœurs de nos aïeux, peinture des anciens jours, poésie, romans même, choses secrètes de la vie, nous avons tout fait servir à notre cause. Nous demandons des sourires au berceau et des pleurs à la tombe ; tantôt, avec le moine Maronite2, nous habitons les sommets du Carmel et du Liban ; tantôt, avec la fille de la Charité, nous veillons au lit du malade ; ici, deux époux américains3 nous appellent au fond de leurs déserts ; là, nous entendons gémir la vierge dans les solitudes du cloître ; Homère vient se placer auprès de Milton, Virgile à côté du Tasse, les ruines de Memphis et d'Athènes contrastent avec les ruines des monuments chrétiens, les tombeaux d'Ossian avec nos cimetières de campagne4 ; à Saint-Denis nous visitons la cendre des rois ; et quand notre sujet nous force de parler du dogme de l'existence de Dieu, nous cherchons seulement nos preuves dans les merveilles de la nature 5 ; enfin, nous essayons de frapper au cœur l'incrédule de toutes les manières, mais nous n'osons nous flatter de posséder cette verge miraculeuse de la religion, qui fait jaillir du rocher les sources d'eau vive.

Quatre parties, divisées chacune en six livres, composent notre ouvrage. La première traite des dogmes et de la doctrine. La seconde et la troisième renferment la poétique du christianisme ouïes rapports de cette religion avec la poésie, la littérature et les arts. La quatrième contient le culte,

4. Au lieu de en Chine. On a déjà observé l'emploi archaïque de certaines prépositions.

2. Voir dans le Génie (4e partie) la peinture des couvents et ordres monastiques et des missionnaires.

3. C'est le sujet (VAtala (voir à Atala, roman détaché du Génie).

4. Voir spécialement les passages donnés plus loin sur la poésie des ruines : c'est une des parties les plus originales de l'œuvre. Cf. p. 125.

5. Voilà le grand mot lâché : Chateaubriand est surtout peintre.

LE GÉNIE DU CHRISTIANISME

c'est-à-dire tout ce qui concerne les cérémonies de l'Eglise et tout ce qui regarde le clergé séculier et régulier1. (Première partie. I, 1).

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