‹ Morceaux choisisChapitre 76 sur 530 · Cf. Règle : Il se faut en~ tr' aider, p. 39, n · texte numérisé non relu

Cf. Règle : Il se faut en~ tr' aider, p. 39, n

4. Chateaubriand aimait beaucoup la mélancolie de nos chants populaires et de nos vieilles romances. Sa célèbre poésie «Combien j'ai douce souvenance!..» fut écrite pour un air qu'il avait entendu en Auvergne.

CHATEAUBRIAND

la cantate du plaisir est devenue la complainte de la douleur1. (V, 5.) v

[De même, les nids des oiseaux prouvent la Prov idence, et aussi leurs

migrations »\

Migration des oiseaux2.

Tandis qu'une partie de la création publie chaque jour aux mêmes lieux les louanges du Créateur, une autre partie voyage pour raconter ses merveilles. Des courriers traversent les airs, se glissent dans ies eaux, franchissent les ynonts et les vallées. Ceux-ci arrivent sur les ailes du printemps, et bientôt, disparaissant avec les zéphyrs, suivent de climat en climat -leur mobile patrie3, ceux-là s'arrêtent à l'habitation de l'homme ; voyageurs lointains, ils réclament l'antique hospitalité. Chacun suit son inclination dans le choix d'un hôte ; le rouge-gorge s'adresse aux cabanes, l'hirondelle frappe aux palais : cette fille de roi4 semble encore aimer les grandeurs, mais les grandeurs tristes comme sa destinée ; elle passe l'été aux ruines de Versailles et l'hiver à celles de Thèbes5.

A peine a-t-elle disparu qu'on voit s'avancer sur les vents du Nord une colonie qui vient remplacer les voyageurs du Midi, afin qu'il ne reste aucun vide dans nos campagnes. Par un temps grisâtre d'automne6, lorsque la bise souille sur les champs, que les bois perdent leurs dernières feuilles, une troupe de canards sauvages, tous rangés à la file, traver-

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