‹ Morceaux choisisChapitre 119 sur 226 · Autre vieux beau, qui suivra M"' de Bargeton fuyant avec · texte numérisé non relu

Autre vieux beau, qui suivra M"' de Bargeton fuyant avec

Rubempré, l'édifiera sur sa se tise, et finalement sera son s cond mari. Il est directeur d Contributions indirectes à A goulème.

ILLUSIOXS PERDUES 279

ailame de Bargeton s'était éprise du Byron' d'Angouiiie. Amélie était une petite femme maladroitement comémne, grasse, blanche, à cheveux noirs, outrant tout, irlant haut, faisant la roue avec sa tète chargée de limes en été, de fleurs en hiver; belle parleuse, mpis ne nivant acliever sa période sans lui donner pour accompalement les sifllements d'un asthme inaAoué. ]\I. de Saintot, nommé Astolphe,le président de la Société luriculture, homme haut en couleur, grand et gros, jp^irut remorqué par sa femme, espèce de ligure assez inhlable à une fougère desséchée, qu'on appelait Lili, 11' \ ialion d'Elisa. Ce nom, qui supposait dans la periiiiir quelque chose d'enfantin, jurait avec le caractère et ~. manières de Madame de Saintot, femme solennelle, ^tii inement pieuse, joueuse diflicile et tracassière. As- Iplie passait pour être un savant du premier ordre. ;iiorant comme une carpe, il n'en avait pas moins écrit -. articles Sucre et Eaii-de-vie dans un dictionnaire d'agriiHure, deux œuvres pillées en détail dans tous les artics de journaux et dans les anciens ouvrages où il était uestion de ces deux produits. Tout le département le Dvait occupé d'un traité sur la culture moderne. Quoiu il restât enfermé pendant toute la matinée dans son diiiiet, il n'avait pas encore écrit deux pages depuis douze is. Si quelqu'un venait le voir, il se laissait surprendre touillant des papiers, cherchant une note égarée, ou tailmt sa plume ; mais il employait en niaiseries tout le injis qu'il demeurait dans son cabinet : il y lisait lonucinent le journal, il sculptait des bouchons avec son mil, il traçait des dessins fantastiques sur son gardelaiji, il feuilletait Gicéron pour y prendre à la volée une lirase ou des passages dont le sens pouvait s'appliquer iix événements du jour ; puis, le soir, il s'efforçait d'ameer la conversation sur un sujet qui lui permît de dire : Il se trouve dans Gitîéron une page qui semble avoir été ■rite pour ce qui se passe de nos joxirs. » Il récitait alors )n passage au grand élonnement des auditeurs, qui se disaient entre eux : « Vraiment, Astolphe est un puits p M ience. » Ce fait curieux se contait par toute la ville : Irntrelenait dans ses flatteuses croyances sur M. de ;iintot.

Après ce couple, vint M. de Bartas, nommé Adrien, homme qui chantait les airs de basse-taille et qui avait

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