lin concordat est, en term
de droit commercial, un arran gement entre un failli et se créanciers.
..^•■■■'"- •?— P**"^ ■■ ".'^llv U'-^^- -'^-V''~^
-*^or ■i'-^iv -^~"-- ^^-'-^^-^ ':â: i^ <-. »-— "'V
F/y. Ï5. — Une épreuve de Balzac.
blanche dont les coins brodés par sa femme ou sa fille, lui l>endaient sous le cou. Son gilet de piqué blanc, boutonné carrément, descendait très bas sur son abdomen assez proéminent, car il avait un léger embonpoint. Il portait un pantalon bleu, des bas de soie noire et des souliers à rubans dont les nœuds se défaisaient souvent. Sa redingote vert-olive, toujours trop large, et son chapeau à grands bords lui donnaient l'air d'un quaker. Quand il s'habillait pour les soirées du dimanche, il mettait une culotte de soie, des souliers à boucles d'or et son inévitable gilet carré, dont les deux bouts s'entr'ouvraient alors atin de montrer le haut de son jabot plissé. Son habit de drap marron était à grands pans et à longues basques. Il conserva jusqu'en 1819 deux chaînes de montre qui pendaient pai-allèlement, mais il ne mettait la seconde que quand il s'habillait. Tel était César Birolteau, digne homme à qui les mystères qui président à la naissance des hommes avaient refusé la faculté de juger l'ensemble de la politique et de la vie, de s'élever au-dessus du niveau social sous lequel vit la classe moyenne, qui suivait en toute chose les errements de la routine: toutes ses opinions lui avaient été communiquées, et il les appliquait sans examen. Aveugle mais bon, peu spirituel mais profondément religieux, il avait un cœur pur. Dans ce cœur brillait un seul amour, la lumière et la force de sa vie ; car son désir d'élévation, le peu de connaissances qu'il avait acquises, tout venait de son atfection pour sa femme et pour sa iille.
[C'est pourtant ce désir d'élévation qui va le perdre. Il veut augmenter ses dépenses, faire figure dans le haut commerce parisien. Il fait embellir sa boutique ; il agrandit son appartement, le fait décorer par un architecte de talent, enfin, il va donner un grand bal. ]
Prospérité.
La prospérité porte avec elle une ivresse à laquelle les hommes inférieurs ne résistent jamais. Cette exaltation eut un résultat facile à prévoir. Grindot' vint, il présenta le croquis colorié d'une délicieuse vue intérieure du futur appartement orné de ses meubles. Birotteau, séduit, consentit
1. L'architecte, prix de Rome, 1 cours et l'Académie», et qui d'un talent qui « sent le con- | plaît à la bourgeoisie.
à tout. Aussitôt les maçons donnèrent les coups de pic qii tirent gémir la maison et Constance i. Son peintre en bât ments, M. Lourdois, un fort riche entrepreneur qui s'eng;^ geait à ne rien négliger, parlait de dorures pour le salo| En entendant ce mot, Constance intervint.
— Monsieur Lourdois, dit-elle, vous avez ti'ente mil livres de rente, vous habitez une maison à vous, vous poi vez y faire ce qus vous voulez ; mais nous autres. . .
— Madame, le commerce doit briller et ne pas se laisser écraser par l'aristocratie. Voilà, d'ailleurs, M. Birotteau dans le gouvernement-, il est en évidence. ..
— Oui, mais il est encore en boutique, dit Constance devant ses commis et les cinq personnes qui l'écoutaient; ni moi, ni lui, ni ses amis, ni ses ennemis ne l'oublierons.
Birotteau se souleva sur la pointe des pieds en retombant sur ses talons, à plusieurs reprises^, les mains croisées derrière lui.
— Ma femme a raison, dit-il. Nous serons modestes dans la prospérité. D'ailleurs, tant qu'un homme est dans le commerce, il doit être sage en ses dépenses, réservé dans son luxe, la loi lui en fait une obligation, il ne doit pas se livrer à des dépenses excessives. Si l'agrandissement de mon local et sa décoration dépassaient les bornes, il serait imprudent à moi de les excéder; vous-même, vous me blâmeriez, Lourdois. Le quartier a les yeux sur moi, les gens qui réussissent ont des jaloux, des envieux! — Ah! vous saurez cela bientôt, jeune homme, dit-il à Grindot ; s'ils nous calomnient, ne leur donnez pas au moins lieu de médire.
— Ni la calomnie ni la médisance ne peuvent vous atteindre dit Lourdois ; vous êtes dans une position hors ligne, et vous avez une si grande habitude du commerce, que vous savez raisonner vos entreprises, vous êtes un malin.
— C'est vrai, j'ai quelque expérience des affaires ; vous savez pourquoi notre agrandissement? Si je mets un fort dédit ^ relativement à l'exactitude, c'est que. . .
— Non.
— Eh bien, ma femme et moi, nous réunissons quelques amis autant pour célébrer la délivrance du territoire que
i. La femme de Birotteau.