Edité par Baudouin, cf. p
3. Deux gravures populaii-es qui ont fait larmoyer bien des âmes sensibles, l'une représentant un cercueil suivi par un chien, l'autre, un soldat à la charrue.
4. Il s'agit du service de la garde nationale, auquel Balzac essayait de se dérober par tous les moj'ens, par exemple en se dissimulant sous le nom de la veuve Durand. Il coucha quelquefois à VHôtel des haricots, la prison réservée aux réfractaires. Des anecdotes bouffonnes se rattachent à cette anlipatliie de Balzac, de Musset, etc., pour le service de la garde, qui flattait certains bourgeois.
5. Cette préoccupation d'équité est notable. Balzac finira d'ail-
leurs par rendre justice même à Louis-Philippe, qui représente l'esprit bourgeois sur le trône. Et en 1818. il refusera de publier les Petits Bourgeois, jugeant que ce n'est pas le moment de jeter le ridicule sur une classe « qui vient de faire preuv<^ de sagesse, même d'héroïsme, et sur laquelle repose l'avenir matériel et moral de la France. »
Correspondance, août 1818, à Rolle (il s'agit ici de la comédie et non du roman) : « Est-ce au lendemain d'une bataille où la bourgeoisie a si généreusement versé son sang pour la civilisation menacée, est-ce quand elle est en deuil qu'on peut la traduire sur la scène ? » j
6. Voir p. 293, n. 2. Après sa'] mort, une souscription nationale, en quelques semaines, donna un million à sa famille, qui n'avait rien.
7. Quelques anciens soldats de l'Empire avaient essayé de fonder sous ce nom une colonie au Texas en 18i9. Ils furent expulsés. La souscription avait été ou- ■;
et bafouée pour ses défauts par une société qui ne la vaut pas, car elle a du cœur précisément parce qu'elle ignore les convenances ; cette vertueuse bourgeoisie qui élève des filles candides rompues au travail, pleines de qualités que le contact des classes supérieures diminue aussitôt qu'elle les y lance, ces lilles sans esprit parmi lesquelles le bonhomme Chrysale^ aurait pris sa femme ; enfin une bourgeoisie admirablement représentée par les Matifat, les droguistes de la rue des Lombards, dont la maison fournissait La Reine des roses depuis soixante ans.
Madame Matifat, qui avait voulu se donner un air digne, dansait coiffée d'un turban et vêtue d'une lourde robe ponceau lamée d'or, toilette en harmonie avec un air lier, un nez romain et les splendeurs d'un teint cramoisi. M. Matifat, si superbe à une revue de garde nationale, où l'on apercevait à cinquante pas son ventre rondelet sur lequel brillait sa chaîne et son paquet de breloques, était dominé par celte Catherine II de comptoir. Gros et court, harnaché de besicles, maintenant le col de sa chemise à la hauteur du cervelet, il se faisait remarquer par sa voix de basse-taille et par la richesse de son vocabulaii-e. Jamais il ne disait Corneille, mais « le sublime Corneille ». Racine était « le doux Racine ». Voltaire ! oh ! Voltaire, « le second dans tous les genres, plus d'esprit que de génie, mais néanmoins homme de génie ! » Rousseau, « esprit ombrageux, homme doué d'orgueil et qui a fini par se penffre ». [1 contait lourdement les anecdotes A'ulgaires sur Piron^, :iui passe pour un homme prodigieux dans la bourgeoisie. Matifat, passionné pour les actrices, avait une légère tenlance à l'obscénité ; on disait même qu'à l'imitation du oonhonime Cardot^ et du riche Camusot* il entretenait me maîtresse. Parfois, Madame Matifat, en le voyant près le conter quelque anecdote, s'empressait de l'interrompre ;n criant à tue-tête : « Mon gros, fais attention à ce que tu k^as nous dire. » Elle le nommait familièrement son gros. Hette volumineuse reine des drogues lit perdre à Mademoi-
'■erte dans les bureaux de La Minerve, en 1818, et tous les jourlaux de ropposition publiaient îhaque matin les noms des sous- TÎpteurs. (Voir Véron, Mémoies, II, 81 sqq.)