‹ Morceaux choisisChapitre 156 sur 226 · Familièrement, une quanti · texte numérisé non relu

Familièrement, une quanti

té minime. ISIusset iUn Capri ce) : « Rien que de l'eau chaude avec un soupçon de thé et ur nuage de lait. >> Le mot fut très en vogue dans le monde du 18 siècle. !

naissait la sommaire justice de ce temps, reprit ses sens et ses forces par la violence même de la douleur qui les lui avait fait perdre. Ramenée par une horrible curiosité, elle descendit au salon, dont l'aspect offrait alors un tableau vraiment digne du pinceau des peintres de genre. Toujours assis à la table de jeu, le curé ^ jouait machinalement avec les fiches en observant à la dérobée Peyrade et Corentin*, qui, debout à l'un des coins de la cheminée, se parlaient à voix basse. Plusieurs fois, le fin regard de Corenlin rencontra le regard non moins fin du curé ; mais, comme deux adversaires qui se trouvent également forts et qui reviennent en garde après avoir croisé le fer, l'un et l'autre jetaient promptement leurs regards ailleurs. Le bonhomme d'flauteserre, planté sur ses deux jambes comme un héron, restait à côté du gros, gras, grand et avare Goulard^, dans l'attitude que lui avait donnée la stupéfaction. Quoiqu'il fût vêtu en bourgeois, le maire avait toujours l'air d'un domestique. Tous deux, ils regardaient d'un œil hébété les gendarmes, entre lesquels pleurait toujours Golhard^, dont les mains avaient été si vigoureusement attachées, qu'elles étaient violettes et enflées. Catherine^ ne quittait pas sa position pleine de simplesse et de naïveté, mais impénétrable. Le brigadier, qui, selon Corentin, venait de faire la sottise d'arrêter ces petites bonnes gens, ne savait plus s'il devait partir ou rester. Il était tout pensif au milieu du salon, la main appuyée sur la poignée de son sabre et l'œil sur les deux Parisiens. Les Durieu", stupéfaits, et tous les gens du shâteau formaient un groupe admirable d'inquiétude. Sans

i. L'abbé Goujet, ancien précepteur dans là famille, maintenant curé de Saint Cygne, — prudent et énerg-jtiue : cheveux olaucs, « voix douce etinsinuan- :e », regard très tin. C'est lui jui va tenir tête.Sousla Restau- 'ation il sera évêque de Troyes.

2. Sorti d'une famille noble du Jomlat, Pej'rade cache «on oriçine. Il avait été, sous les ordres le Lenoir, lieutenant de police le 1776 à 1783. Fouché a compris iequ'il pouvaittirerde cet homne vicieux, qui a le génie de 'espionnage. Il sera empoisonlé par Vautrin, beaucoup plus ara. — Coren;in, nous le conlaissons, c'est lui qui accomparne, dans Les Chouans. M'"- de ^erneuil . C'est le second de Pey- •ade.

3. Goulard, maire de Cinq-Cygne, ancien piqueur de la maison de Simeuse, « quoique très attaché à la Révolution,... se sentait toujours tenu par les liens du respect envers les Cinq- Cygne et les Simeuse. Aussi feVmait-il les yeux sur tout ce qui se passait au château.» Noter la variété et l'exactitude de ces types, et combien ils sont éloignés d'être des types conventionnels.

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