Ancien violon au régiment de Bourgogne
3. Ne cherchez pas Sou langes sur la carte. Cette petite ville se trouve, dit Balzac (Postface) au même pays que l'île de Robinson et les terres de la famille Shandy.
4. On a remarqué que sans adopter absolument le langage paysan, le patois d'une province, Balzac a cru devoir conserver les prononciations les plus répandues dans toutes les campagnes. Cf. un procédé analogue quand il fait parler les Alsaciens ou les Allemands (Nucingen passim, Schmucke dans Le Cousin Pons, ici, p. 487). ou les Auvergnats (Rémonencq dans Le Cousin Pons), etc.
Comparez ce type de paysan bavard et facétieux et aussi le père ISiseron avec les paysans de George Sand, non ceux de la trilogie : François le Champi,
la
[Gaubertiii (voir p. 445, u. 5) mène le pays. Il est le chef de la médiocratie' locale.]
La médiocratie.
Sans se douter de leur force, aucun cas de la montrer ne s'étant déclaré, les bourgeois de la Ville-aux-Fayes se vantaient seulement de ne pas avoir d'étrangers chez eux, et ils se croyaient excellents patriotes... Rien n'échappait donc à cette intelligente tyrannie, inaperçue d'ailleurs, et qui paraissait à chacun le triomphe de la localité. Ainsi, dès que l'opposition libérale déclara la guerre aux Bourbons de la branche ainée, Gaubertin, qui ne savait où placer un fils naturel, ignoré de sa femme et nommé Bournier, tenu depuis longtemps à Paris, sous la surveillance de Leclercq -, le voyant devenu prote d'une imprimerie, lit créer en sa faveur un brevet d'imprimeur à la résidence de la Ville-aux-Fayes. A l'instigation de son protecteur, ce garçon entreprit un journal appelé le Courriel' de VAvonne, paraissant ti'ois fois par semaine, et qui commença par enlever le bénéfice des annonces légales au journal de la préfecture. Cette feuille départementale, tout acquise au ministère en général, mais appartenant au centre gauche en particulier, et qui devint précieuse au commerce par
La Mare au diable et La petite Fadette, mais cews.de Valentine, d'André (1832-1835), et surtout avec le vieux Léonard (Jeanne, 1844), sacristain -bedeau -fossoyeur, plein d'insouciance philosophique et d'ailleurs excellent homme : le père Bricolin du Meunier d'Angibaut (1846) ; et enfin ce délicieux Jean Jappeloup (Le péché de M. Antoine, 1847). qui est l'ami du hobereau et l'ennemi de l'industriel. On aurait la les éléments d'une étude sur le réalisme de G. Sand, non moins savoureux et peutêtre plus exact que celui de Balzac. Voir aussi L'histoire de France écrite sous la dictée de Biaise Bonnin (dans Impressions et souvenirs.)