‹ Morceaux choisisChapitre 195 sur 226 · Voir p. 455 le portrait d Rigou · texte numérisé non relu

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LES PAYSANS

mis, aiijorcVhui comme il y a trente ans. Vous avez tout, nous n'avons rien, vous ne pouvez pas core prétendre à notre amitié !

— Voilà ce qui s'appelle une déclaration de guerre, dit le général.

— Monseigneur, répliqua Fourchon, quand les Aiguës appartenaient à c'te pauvre madame' (que Dieu veuille prendre soin de son âme, puisqu'elle a chanté l'iniquité dans sa jeunesse !), nous étions heureux. AlV nous laissait ramasser notre vie dans ses champs et notre bois dans ses forêts ; alV n'en était pas plus pauvre pour ça ! Et vous, au moins aussi riche qu'elle, vous nous pourchassez, ni plus ni moins que des bêtes féroces, et vous traînez le petit monde au tribu^ naii ! . . . Eh bien, ça finira lual ! vous serez cause de quelque mauvais coup ! Je viens de voir votre garde, ce gringalet de Vatel, qui a failli tuer une pauvre vieille femme pour un brin de bois. On fera de vous un ennemi du peuple, et l'on s'aigrira contre vous dans les veillées ; on vous maudira

.tout aussi dru qu'on bénissait l'eu madame !. . . La malédiction des pauvres, monseigneur, ça pousse ! et ça devient pus grand que le pus grand ed' vos chênes, et le chêne fournit la potence. . . Personne ici ne vous dit la varité ; la v'Ià, la varité ! J'attends tous les matins la mort, je ne risque pas grand'chose à vous la donner par-dessus le marché, la varité!. . . Moi qui fais danser les pésans aux gi'andes fêtes, en accompagnant Vermichel- au café de la Paix, à Soulanges', j'entends leurs discours : eh ben, ils sont mal disposés, et ils vous rendront le pays diflicile à habiter. Si votre damné Michaud ne change pas, on vous forcera ed' T changer C'f avis là et la loute, ça vaut ben vingt francs, allez^*..

i. M"" Laguerre, qui fut réellement cantatrice à 10péra( 1740- 1815) et l'une des impures les plus célèbres du 18' siècle. Balzac donne sur elle des détails démentis dans sa biographie

Î)ar N. H. Gourdon de Genouilac (Cerfbeer et Christophe, p. 292). Elle possédait les Aiguës avant Montcornet.

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