C'est une espèce de cerisier
— Ce roman présente des types de collectionneurs, marchands de tableaux, etc. Pour faire le portrait de l'amateur passionné, Balzac n'avait qu'à s'étudier hùmême. 1 1 con naissai t tous les bricà-brac de l'Europe et passait pour un chineur émerite. Voir la mimique, p. 486, (voir aussi, pour ce qui concerne le comte
Mniszchef, Correspondance, an-j nées 18i5 et suivantes).
3. La vog-ue de l'art flamand et j des Hollandais avait beaucoup nui aux œuvres du IS" siècle; les Fragonard, les Watteau «e donnaient pour rien. Voir dansles Confessions d'A. Houssayej certains traits caractéristiques ;| il lut de ceux qui ramenèrent) la mode au 18» siècle, avant les] Concourt.
Dire à un riche: « Vous êtes pauvre! » c'est dire à l'archevêque de Grenade que ses iiomélies ne valent rien. Madame la p-résidente était beaucoup trop orgueilleuse de la position de son mari, de la possession de la terre de Marville et de ses invitations aux bals de la cour pour ne pas être atteinte au vif par une semblable observation, surtout partant d'un misérable musicien vis-à-vis de qui elle se posait en bienfaitrice.
— Ils sont donc bien bêles, les gens à qui vous achetez ces choses-là ?. . . dit vivement la présidente.
— On ne connaît pas, à Paris, de marchands bêtes, répliqua Pons presque sèchement.
— C'est alors vous qui avez beaucoup d'esprit, dit Céciie pour calmer le débat.
— Ma petite cousine, j'ai l'esprit de connaître Lancret, Pater, Watleau, Greuze ; mais j'avais surtout le désir de plaire à votre chère maman.
Ignorante et vaniteuse, madame de Marville ne voulait pas avoir l'air de recevoir la moindre chose de son piqueassiette, et son ignorance la servait admirablement, elle ne connaissait pas le nom de Watleau. Si quelque chose peut ex[)rimer jusqu'où va l'amour-propre des collectionneurs, qui certes est un des plus vifs, car il rivalise avec l'amour-propre d'auteur, c'est l'audace que Pons venait d'avoir en tenant tête à sa cousine, pour la première fois depuis vingt ans. Stu[)éfait de sa hardiesse, Pons reprit une contenance pacitique en détaillant à Cécile les beautés de la Une sculpture des branches de ce merveilleux éventail.
— Où donc avez-vous trouvé cela ? demanda Cécile en examinant le bijou.
— Rue de Lai»pe, chez un brocanteur qui venait de le rapporter d'un château qu'on a dépecé près de Dreux, ■Aulnay, un château que madame de Pompadour habitait quelquefois, avant de bâtir Ménarsi; on en a sauvé les plus splendides boiseries que l'on connaisse; elles sont si belles, que Liénard, notre célèbre sculpteur en bois, en a gardé, comme nec-pliis-iiltra de l'art, deux cadres ovales pour modèles... Il y avait là des trésors. Mon brocanteur a trouvé cet éventail dans un bonheur-du-jour^ en marqueterie que j'aurais acheté, si je faisais collection de ces