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Chandelier à plusieurs branches

4. En architecture, en orfèvrerie et dans les arts industriels, ce mot a les sens les plus variés ; — il désigne ici l'ornement, en vague forme de rose stj'lisée, qui s'applique sur le fCodet d'un chandelier qu'on n'utilise pas.

5. Ilscmbleque Balzac ait voulu employer tableau dans le sens de panneau. D'après Littré, en architecture, le tableau est <i la partie de l'épaisseur d'une baie de porte ou de fenêtre, qui se trouve en dehors de la fermeture ».

6. La mode pastorale avait gagné la peinture de portrait à la tin de l'ancien régime, comme autrefois la mode mythologique.

Les gens qui se seraient fait peindre jadis en Mars ou en Apollon, ou en Diane, se faisaient

Aux deux fenêtres étaient drapés des rideaux en gros • de Tours rouge, relevés par des cordons de soie à glands d'église. Cette luxueuse décoration, si peu en hai>monie avec les habitvides de Grandet, avait été comprise dans l'achat de la maison, ainsi que le trumeau, le cartel, le meuble- en tapisserie et les encoignures en bois de rose. Dans la croisée la plus rapprochée de la porte se trouvait une chaise de paille dont les pieds étaient montés sur des patins, alin d'élever Madame Grandet à une hauteur qui lui permit de voir les passants. Une travailleuse en bois de merisier déteint remplissait l'embrasure, et le petit fauteuil d'Eugénie Grandet était placé tout auprès. Depuis quinze ans, toutes les journées de la mère et de la lille s'étaient paisiblement écoulées à cette place, dans un travail constant, à compter du mois d'avril jusqu'au mois de novembre. Le 1" de ce dernier mois, elles pouvaient prendre leur station' d'hiver à la cheminée. Ce jour-là seulement, Grandet permettait qu'on allumât du feu dans la salle, et il le faisait éteindre au 31 mars, sans avoir égard ni aux premiers froids du printemps ni à ceux de l'automne. Une chaufferette, entretenue avec la braise provenant du feu de la cuisine que la grande Nanon leur réservait en usant d'adresse, aidait Madame et Mademoiselle Grandet à passer les matinées ou les soirées les plus fraîches des mois d'avril et d'octobi*e. La mère et la fille entretenaient tout le linge de la maison, et employaient si consciencieusement leurs journées à ce véritable labeur d'ouvrière, que, si Eugénie voulait broder une collerette à sa mère, elle était forcée de prendre sur ses heures de sommeil en trompant son père pour avoir de la lumière ^. Depuis longtemps", l'avare distribuait la chandelle à sa lille et à la grande Nanon, de même qu'il distribuait dès le malin le pain et les denrées nécessaires à la consommation journalière.

travestir en personnages d'idylle rustique.

t. Etoffe de soie (cf. gros de Naples).

2. Meuble a souvent le sens collectif: ensen'il)le de meubles, tous dans le même style, décorant une pièce. •

Grandet; les événements y reviennent avec la régularité des phénomènes naturels , sans qu'"iacun acte de liberté s'introduise dans la série.

4. Ces menus actes d'initiative nous préparent à admettre l'audace qui se découvrira en Eugénie quand elle devra résister

3. On appelle station, quel- I à son père, et la ténacité de sa

quefois, l'habitat d'une espèce volonté.

animale, ou végétale. Le mol ! 3. Ce mot laisse entendre qu'il

convient à la manière d(^ vivre 1 y a eu progression dans l'ava-

passive et monotone de M"' I rice de Grandet.

EUGENIE GRANDET

La grande Nanon'.

La grande Nanon c'iait peiil-èlrc la seule créature humaine capable d'accepter le despotisme de son maître. Toute la rille l'enviait à M. et M""= Grandet. La grande Nanon, ainsi nommée à cause de sa taille haute de cinq pieds huit pouces, appartenait- à Grandet depuis trente-cinq ans. Quoiqu'elle n'eût que soixante livres de gages, elle passait pour une des plus riches servantes de Saumur. Ces soixante livres, accumulées depuis trente-cinq ans, lui avaient lîermis de placer récemment quatre mille livres en viager chez maître Cruchol^. Ce résultat des longues et persistantes économies* de la grande Nanon parut gigantesque. Chaque servante, voyant à la pauvre sexagénaire du pain pour ses vieux jours, était jalouse d'elle, sans penser au dur servage par lequel il avait été acquis. A l'âge de vingt-deux ans, la pauvre lille n'avait pu se placer^ chez personne, tant sa ïigui'e était repoussante ; et certes ce sentiment était bien injuste : sa ligure eût été fort admirée sur les épaules d'un gi-enadier de la garde ; mais en tout il faut, dit-on, l'à-prolîos. Forcée de quitter une ferme incendiée où elle gardait les vaches, elle vint à Saumur, ovi elle chercha du service, animée de ce robuste courage qui ne se refuse à rien. M. Grandet pensait alors à se marier, et voulait déjà monter son ménage. Il avisa cette lille, rebutée de porte en porte. Juge de la force corporelle en sa qualité de tonnelier, il devina le parti qu'on pouvait tirer d'une créature femelle taillée en Hercule, plantée sur ses pieds comme un chêne de soixante ans sur ses racines, forte des hanches, carrée du dos, ayant des mains de charretier et une probité vigoureuse comme l'était son intacte vertu''. Ni les verrues qui

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