ACTE II, SCÈNE III
PRINZIVALLE.
Vous avez vu, rangés devant la tente, des chariots et des troupeaux ?
VANNA
Oui.
Il y a là deux cents chariots remplis du meilleur froment de Toscane. Deux cents autres qui portent des fourrages, des fruits et du vin des environs de Sienne ; trente autres pleins de poudre qui viennent d'Allemagne ; et quinze plus petits, qui sont chargés de plomb. Il y a autour d'eux six cents bœufs d'Apuiie, et douze cents moutons. Ils attendent votre ordre jjour pénétrer dans Pise. Voulez-vous les voir s'éloif^ner ?...
Oui.
VANNA
PRINZIVALLE.
Venez à l'entrée, de la tente. {Il soulève la tapisserie ; donne un ordre et fait un si;;iie de la jnain. On cnlcnd s'Hcvcr une vaste et r.ourde nir.icitr. Des torches s'alluincnl et s' agitent ^ des jouets claquent. Les
chariots s'ébranlent, les troupeaux mugissent, bêlent et piétinent. Vanna et Prinzivalle, debout au seuil de la tente, regardent un instant l'énorme convoi s'éloigner à la clarté des torches dans la nuit étoilée). Dès ce soir, grâce à vous, Pise n'aura plus faim. Elle devient invincible, et chantera demain dans l'ivresse de la joie et la gloire d'un triomphe que nul n'espérait plus... Cela vous suffit-il ?...
VANNA
Oui.
PRINZTVALLE.
Refermons la tente, et donnez-moi votre main. Le soir est tiède encore, mais la nuit sera froide. Vous êtes venue sans armes, sans un poison caché ?...
VANNA
Je n'ai que mes sandales et ce manteau. Dépouillez-moi de tout si vous craignez un piège.
PRINZTVALLE.
Ce n'est pas pour moi que je crains, c'est pour vous...
VANNA
Je ne naets pas ces chosâs au-dâwuft de Ia via.