ACTE II, SCÈNE III
perdu votre avenir. ? vous ne vous êtes pis condanmé à l'exil et peut-être à la mort ?.«
PRINZI VALUS.
D'abord, je n'ai point de patrie... Si j'en avais eu une, quel que fût mon amour, je ne l'eusse pas vendue, je pense, pour cet amour... Mais je ne suis qu'un mercenaire, fidèle quand on lui est fidèle, et qui trahit lorsqu'il se sent trahi... J'ai été accusé faussement par les commissaires de Florence, et condamné sans jugement par une république de marchands, dont aussi bien que moi vous connaissez les habitudes. Je me savais perdu. Ce que j'ai fait ce soir, loin de me perdre davantage, me sauvera peut-être, si un hasard quelconque peut encore me saiiver„.o
VANNA
De sorte que vous m'avez sacrifié peu de chose ?
PRINZIV.^LLE.
Rien. Je devais vous le dire... Il no me plairait pas d'acheter par im mensonge un seul de vos sourires.
VANNA
C'est bien, Giancllo, et ceci vaut mieux que l'amour et ses plus belles preuves... Tu n'auras pas besoin de chercher plus longtemps la main qui te fuyait. La voici...
Ah ! j'aurais mieux aimé que l'amour l'eût conquise !... Mais qu'importe après tout !... Elle est à moi, Vanna, je la tiens dans les miennes, j'en regarde la nacre, j'en respire la vie, je m'enivre un instant d'une illusion trop douce ; j'en étreins la tiède fraîcheur, je la prends, je l'étends, je la ferme, comme si elle allait me répondre dans la langue magique et secrète des amants ; et je la couvre de baisers sans que tu la retires... Tu ne m'en veux donc pas de la cruelle épreuve ?...
VANN.\.
J'aurais fait la même chose ; peut-être mieux ou pis, si j'avais été à ta place...
PRINZIVALLE.
Mais quand tu acceptas de venir sous ma tente, tu savais qui j'étais ?...