‹ Morceaux choisis. Introd. par Georgette LeblancChapitre 4 sur 83 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

On nous aflïnne que toutes les grandes tragédies ne nous offrent pas d'autre spectacle que la lutte de l'homme contre la fatalité. Je crois, au contraire, qu'il n'existe pas une seule tragédie où la fatalité règne réellement. J'ai beau les parcourir, je n'en trouve pas une où le héros combatte le destin pur et simple. Au fond, ce n'est jamais le destin, c'est toujours la sagesse qu'il attaque. Il n'y a de fatalité véritable qu'en certains malheurs extérieurs, tels que les maladies, les accidents, la mort inopinée de personnes aimées, etc., mais il n'existe pius de faialilé inté-

rieure. La volonté de la sagesse a le pouvoir de reciilier tout ce qui n'atteint par mortellement notre corps. Souvent même elle parvient à s'introduire dans le domaine étroit des fatalités extérieures. Il est vrai qu'il faut accumuler en soi un lourd, un patient trésor, pour que cette volonté trouve, au moment solennel, les forces nécessaires.

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