‹ Morceaux choisis;Chapitre 194 sur 312 · Ainsi le marquis de Mirabeau après de longues prome · texte numérisé non relu

Ainsi le marquis de Mirabeau après de longues prome

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Î 4 - " 14 13, [4-83 lolatres 1eux font les premiers cuisiniers du moitié. Fic. 1%. = Gravure de Moreau le Jeune pour l'Émile.

Le repas champêtre du Si j'étais riche. Voir les Extraits, p. 250.)

d'élégance ; la salle à manger sérait partout, dans le jardin, dans un bateau, sous un arbre ; quelquefois au loin, près d’une source vive, sur l'herbe verdoyante et fraîche, sous des touffes d’aunes et de coudriers, une longue procession de gais convives porterait en chantant i'apprêt du festin ; on aurait le gazon pour table et pour chaises, les bords de la fontaine serviraient de buffet, et le dessert pendrait aux arbres. Les mets seraient servis sans ordre, l’appétit dispenserait des façons ; chacun, se préférant ouvertement à tout autre!, trouverait bon que tout autre se préféràt de même à lui : &e cette familiarité cordiale et modérée naîtrait, sans grossièreté, sans fausseté, sans contrainte, un conflit badin?, plus charmant cent fois que la politesse, et plus fait pour lier les cœurs. Point d’importuns laquais épiant nos discours, critiquant tout bas nos maintiens, comptant nos morceaux d’un œil avide, s’amusant à nous faire attendre à boire, et murmurant d’un trop long diner. Nous serions nos valets pour être nos maîtres5, chacun serait servi par tous; le temps passerait sans le compter; le repas serait le repos, et durerait autant que l’ardeur du jour. S'il passait près de nous quelque paysan retournant au travail, ses outils sur l'épaule, je lui réjouirais le cœur par quelques bons propos, par quelques coups de bon vin qui lui feraient porter plus gaiement sa misère: et moi j'aurais aussi le plaisir de me sentir émouvoir un peu les entrailles, et de me dire en secret : « Je suis encore homme, »

Si quelque fête champêtre rassemblaïit les habitants du lieu, j'y serais des premiers avec ma troupe; si quelques mariages, plus bénis du ciel que ceux des villes,se faisaient à mon voisinage, on saurait que j'aime la joie, et jy serais invité.Je porterais à ces bonnes gens quelques dons simples comme eux, qui contribueraient à la fête ; jy trouverais en échange des biens d’un prix inestimable, des biens si peu connus de mes égaux, la franchise et le vrai plaisir.Je souperais avec eux au bout de leur longue table; j'y ferais chorus au refrain d’une vieille chanson rustique‘, et je dan-

nades champêtres ramenait ses invitées « saines et riantes, au

rand détriment de son pain et

e ses laitues »,

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