‹ Morceaux choisis. Recueillis et annotésChapitre 12 sur 43 · ENTRETIEN D UN PERE · texte numérisé non relu

ENTRETIEN D UN PERE

l'histoire d'une de nos soirées, et un modèle de l'emploi (les autres.

C'était en hiver. Nous étions assis autour de lui, devant le feu, l'abbé, ma sœur et moi. Il me disait, à la suite d'une conversation sur les inconvénients de la célébrité :

— Mon fils, nous avons fait tous les deux du bruit dans le monde, avec cette ditïérence que le bruit que vous faisiez avec votre outil vous ôtait le repos, et que celui que je faisais avec le mien ôtait le repos aux autres.

Après cette plaisanterie, bonne ou mauvaise, du vieux forg;eron, il se mit à rêver, à nous reg^arder avec une attention tout à fait marquée, et l'abbé lui dit:

— Mon père, à quoi rêvez-vous?

— Je rêve, lui répondit-il, que la répuiatioB-d^hïTTrrme de bien, la plus déplorable d£-tûiitflg.^ a ses périls, même pour celui qui la mérite.

Puis, après une courte pause, il ajouta :

— J'en frémis encore quand j'y pense... Le croiriezvous, mes enfants ? une fois dans ma vie, j'ai été sur le point de vous ruiner ; oui, de vous ruiner de fond en comble.

l'abbé.

Et comment cela ?

MON PÈRE

Gomment? Le voici. Avant que je commence, dità sa fille, petite sœur, relève mon oreiller qui est descendu trop bas. (A moi) : Et toi, ferme les pans de ma robe de chambre, car le feu me brûle les jambes... Vous avez tous connu le curé de Thivet * ?

* Village de quatre cents habitants, canton de Nognnt, arrondissomcnt lie Cliauniont (Haute-Mai'tic\

MA SOEUR

Ce bon vieux prêtre qui, à Tàge de cent ans, faisait ses quatre lieues dans la matinée ?

l'abbk.

Qui s'éteignit à cent et un ans, en apprenant la mort d'un frère qui demeurait avec lui, et qui en avait quatrevingt-dix-neuf?

MON PÈRE

Lui-même.

Eh bien ?

l'abbé.

MON PERE

Eh bien I ses héritiers, gens pauvres et dispersés sur les grands chemins, dans les campagnes, aux portes des églises, où ils mendiaient leur vie, m'envoyèrent une procuration qui m'autorisait à me transporter sur les lieux, et à pourvoir à la sûreté des effets du défunt curé leur parent. Gomment refuser à ces indigents un service que j'avais rendu à plusieurs familles opulentes ? J'allai à Thivet ; j'appelai la justice du lieu ; je fis apposer les scellés, et j'attendis l'arrivée des héritiers. Ils ne tardèrent pas à venir ; ils étaient au nombre de dix à douze. C'étaient des femmes sans bas, sans souliers, presque sans vêlements, qui tenaient contre leur sein des enfants entortillés de leurs mauvais tabliers; des vieillards couverts de haillons, qui s'étaient traînés jusque-là, portant sur leurs épaules, avec un bâton, une poignée de guenilles enveloppées dans une autre guenille : le spectacle de la misère la plus hideuse. Imaginez, d'après cela, la joie de ces héritiers à l'aspect d'une dizahie de mille francs qui revenait à chacun d'eux, car, à vue de pays, la succession du curé pouvait aller à une centaine de mille francs au moins. On lève les scellés. Je procède tout le jour à l'inventaire des effets.

K.NTItETIEN D l'N PERE

La nuit vient. Ces mallieureux se retirent ; je reste seul. J'étais pressé de les mettre en possession de leurs lots, de les congédier et de revenir à rnes affaires. Il y avait sous un bureau un vieux cotïre sans couvercle, et rempli de toutes sortes de paperasses ; c'étaient de vieilles lettres, des brouillons de réponses, des quittances surannées, des reçus de rebut, des comptes de dépenses et d'autres chiffons de cette nature ; mais, en pareil cas, on lit tout, ou ne néglge rien. Je touchais à la lin de cette ennuyeuse révision, lorsqu'il me tomba sous les mains un écrit assez long, et cet écrit, savez-vous ce que c'était ? Un testament, un testament signé du curé ! un testament dont la date était si ancienne, que ceux qu'il en nommait exécuteurs n'existaient plus depuis vingt ans ! un testament où il rejetait les pauvres qui dormaient autour de moi, et instituait légataires universels les Frémyn, ces riches libraires de Paris, que tu dois connaître, toi. Je vous laisse à juger de ma surprise et de ma douleur ; car que faire de cette pi ce ? La brûler ? Pourquoi non ? N'avait-elle pas tous les caractères de la réprobation ? Et l'endroit oii je l'avais trouvée, et les papiers avec lesquels elle était confondue et assimilée, ne déposaient-ils pas assez fortement contre elle, sans parler de son injustice révoltante ? Voilà ce que je me disais en moi-même ; et, me représentant en même temps la désolation de ces pauvres malheureux héritiers spoliés, fustrés de leur espérance, j'approchai tout doucement le testament du feu ; puis d'antres idées croisaient les premières ; je ne sais quelle frayeur de me tromper dans la décision d'un cas aussi important, la méfiance de mes lumières, la crainte d écouter plutôt la voix de la commisération, qui criait au fond dii mon cœur, que celle de la justice, m'arrêtaient subitement, et je passai le reste de la nuit ;\ délibérer sur cet acte

inique que je tins plusieurs fois au-dessus de la flamme, incertain si je le brûlerai ou non. Ce dernier parti l'emporta ; une minute plus tôt ou plus tard, c'eût été le parti contraire. Dans ma perplexité, je crus qu'il était sage de prendre le conseil de quelque personne éclairée. Je monte à cheval dès la pointe du jour, je m'achemine à toutes jambes vers la ville, je passe devant la porte de ma maison sans y entrer, je descends au séminaire, qui était alors occupé par des oratoriens, entre lesquels il y en avait un distingué par la sûreté de ses lumières et la sainteté de ses mœurs ; c'était un P. Bouin, qui a laissé dans le diocàse la réputation du plus grand casuiste. Je lui expose le fait. Le P. Bouin me dit: « Rien n'est plus louible, monsieur, que le sentiment de commisération dont vous êtes touché pour ces malheureux héritiers. Supprimez le testament, secourez-les, j'y consens, mais c'est à la condition de restituer au légataire universel la somme précise dont vous l'aurez privé, ni plus ni moins... » Le P. Bouin ajouta : « Et qui est-ce qui vous a autorisé à ôter ou à donner de la sanction aux actes ? Qui est-ce qui vous a autorisé à interpréter les intentions des morts ? — Mais P. Bouin, et le coffre ? — Qui est-ce qui vous a autorisé à décider si ce testament a été rebuté de réflexion, ou s'il s'est égaré par méprise ? Ne vous est-il jamais arrivé d'en commettre de pareilles, et de retrouver au fond d'un seau un papier précieux que vous y aviez jeté d'inadvertance? — Mais, P. Bouin, et la date et l'iniquité de ce papier ? — Qui est-ce qui vous a autorisé à prononcer sur la justice ou l'injustice de cet acte, et à regarder le legs universel comme un don illicite, plutôt que comme une restitution ou telle autre œuvre légitime qu'il vous plaira d'imaginer? — Mais, P. Bouin, et ces héritiers immédiats et pauvres^ et ce collatéral éloigné et riche ?

() ENTRETIEN d'uN PÈRE

— Qui est-ce qui vous a autorisé à peser ce que le défunt devait à ses proches, que vous ne connaissez pas davantage? — Mais, P. Bouin, et ce tas de lettres du légataire que le défunt ne s'était pas seulement donné la peine d'ouvrir I... » Une circonstance que j'avais oublié de vous dire, ajouta mon père, c'est que, dans l'amas de paperasses entre lesquelles je trouvai ce fatal testament, il y avait vingt, trente, je ne sus combien

des lettres de Frémyn, toutes cachetées « Il n'y a,

dit le P. Bouin, ni coffre, ni date, ni lettres, ni P. Bouin, ni si, ni mais qui tiennent ; il n'est permis à personne d'enfreindre les lois, d'entrer dans la pensée des morts et de disposer du bien d'autrui. Si la Providence a résolu de châtier ou l'héritier, ou le légataire, ou le défunt, car on ne sait lequel, par la conservation fortuite de ce testament, il faut qu'il reste. » Après une décision aussi nette, aussi précise de l'homme le plus éclairé de notre clergé, je demeurai stupéfait et tremblant, songeant en moi-même à ce que je devenais, à ce que vous deveniez, mes enfants, s'il me tût arrivé de brûler le testament, comme j'en avais été tenté dix. fois ; d'être ensuite tourmenté de s-^rupules, et d'aller consulter le P. Bouin. J'aurais restitué ; oh ! j'aurais restitué ; rien n'est plus sur, et vous étiez ruinés.

MA. SOEFR.

Mais, mon père, il fallut, après cela, s'en revenir au presbytère, et annoncer à cette troupe d'indigents qu'il n'y avait rien là qui leur appartint, et qu'ils pouvaient s'en retourner comme ils étaient venus. Avec l'ame compatissante que vous avez, comment en eûtes-vous le courage ?

MON PÈRK.

Ma foi je n'en sais rien. Dans le premier moment, je pensai à me départir de ma procuration et âme faire

remplacer par un homme de loi ; mais un homme de loi en eût usé dans toute la rigueur, pris et chassé par les épaules ces pauvres gens, dont je pouvais peut-être alléger l'infortune. Je retournai donc le même jour à Thivet.Mon absence subite, et les précautions que j'avais prises en partant, avaient inquiété; l'air de tristesse avec lequel je reparus inquiéta bien davantage. Cependant, je me contraignis, je dissimulai de mon mieux.

MOI

C'est-à-dire, assez mal.

MON PÈRE

Je commençai par mettre à couvert tous les effets précieux. J'assemblai dans la maison un certain nombre d'habitants, qui me prêteraient main-forte en cas de besoin. J'ouvris la cave et les greniers, que j'abandonnais à ces malheureux, les invitant à boire, à manger et à partager entre eux le vin, le blé, et toutes les autres provisions de bouche.

l'abbé.

Mais mon père...

MON PÈRE

Je le sais, cela ne leur appartenait pas plus que le reste.

MOI

Allons donc, l'abbé, tu nous interromps.

MON PÈRE

Ensuite, pâle comme la mort, tremblant sur mes jambes, ouvrant la bouche et ne trouvant aucune parole, m'asseyant, me relevant, commençant une phrase et ne pouvant l'achever, pleurant, tous ces gens eHrayés m'environnant, s'écriant autour de moi : « Eh bien I mon cher monsieur, qu'est-ce qu'il y a ? — Qu'est-ce qu'il y a, repris-je ?... Un testament, un testament qui vous déshérite. » Ce peu de mots me coûta tant à dire, que je me sentis presque défaillir.

8 ENTRETIEN d'uN PÈRE

MA SŒUR

Je conçois cela.

MON PÈRE

Quelle scène, quelle s:ène, mes enfants, que celle qui suivit I Je trémis de la rappeler. Il me semble que j'entends encore les cris de la douleur, de la fureur, de la rage, le hurlement des imprécatiuns... (Ici, mon père portait ses mains sur ses yeux, sur ses oreilles...) Ces femmes, disait-il, ces femmes, je les vois : les unes se roulaient à terre, s'arrachaient les cheveux, se déchiraient les joues et les mam< lies ; les autres écumaient, tenaient leurs enfants par les pieds, prêtes à leur écraser la tête contre le pavé, si on les eût laissées faire ; les hommes saisissaient, renversaient, cassaient tout ce qui leur tombait so'is les mains ; ils menaçaient de mettre le feu à la maison ; d'autres, en rugissant, grattaient la terre avec leurs ongles, comme s'ils y eussent cherché le cadavre du curé pour le déchirer : et tout au travers de cô tumulte, c'étaient les cris aigus des enfants qui partagaient, sans savoir pourquoi, le désespoir de leurs parents, q li s'attachaient à leurs vêtements, et qui en étaient inlmniainement repoussés. Je ne crois pas avoir jamais autant souffert de ma vie. Cependant j'avais écrit au légataire de Paris, je l'instruisais de tout, et je le pressais défaire diligence, le seul moyen de prévenir qiielque accident, qu^il ne serait i)as en mon pouvoir d'empêcher. J'avais un peu calmé les malheureux par l'espér.mce dont je me flattais en eifet d'obtenir du légataire une renonciation complète à ses droits, ou de l'amener à quelque traitement favorable, et je les avais dispersés dans Us chaumières les plus éloignées du village. Le Frémyn de Paris arriva ; je le regardai fixement, et je lui trouvai une physionomie dure qui ne promettait rien de bon.

AVEC SKS ENFANTS. 9

MOI

De grands sourcils noirs et touffus, des yeux couverts et petits, une large bouche un peu de travers, un teini basané et criblé de petite vérole.

MON PÈRE

C'est cela. Il n'avait pas mis plus de trente heures à faire ses soixante lieues. Je commençai par lui montrer les misérables dont.j'avais à plaider la cause. Ils étaient tous debout devant lui, en silence ; les femmes pleuraient ; les hommes, appuyés sur leur bâton, la tête nue, avaient la main dans leurs bonnets. Le Frémyn, assis, les yeux fermés, la tète penchée et le menton appuyé sur sa poitrine, ne les regardait pas. Je parlai en leur faveur de toute ma force ; je ne sais oii l'on prend ce qu'on dit en pareil cas. Je lui fis toucher au doigt combien il était incertain que cette succession lui fût légitimement acquise ; je le conjurai par son opulence, par la misère qu'il avait sous les yeux ; je crois même que je me jetai à ses pieds : je n'en pu tirer une obole. Il me répondit qu'il n'entrait point dans toutes ces considérations; qu'il y avait un testament ; que l'histoire de ce testament lui était indifférente, et qu'il aimait mieux s'en rapporter à ma conduite qu'à mes discours. Dïndignation je lui jetai les clefs au nez ; il les ramassa, s'empara de tout, et je m'en revins si troublé, si peiné, si changé, que votre mère, qui vivait encore, crut qril m'était arrivé quelque grand malheur... Ah I mes enfants, qu?l homme que ce Frémyn !

Après ce récit, nous tombâmes dans le silence, chacun rêvant à sa uianière sur cette singulière aventure. Il vint quelques visites ; un ecclésiastique, dont je ne me rappelle pas le nom ; c'était un gros prieur, qui se connaissait mieux en bon vin qu'en morale ; un homme de justice, notaire et lieutenant de police, appelé Dubois,

10 ENTRKTIEX DIS PÈIIE

et, peu de temps après un ouvrier qui demandait à parler à mon père. On le lit entrer, et avec lui un ancien ingénieur de la province, qui vivait retiré, et qui cultivait les mathématiques, qu'il a^ait autrefois professés; c'était un des voisins de l'ouvrier ; l'ouvrier était chapelier.

Le premier mot du chapelier fut de faire entendre à mon père que l'auditoire était un peu nombreux pour ce qu'il avait à lui dire. Tout le monde se leva et il ne resta que le prieur, l'homme de loi, le géomètre et moi, que le chapelier retint.

— Monsieur Diderot, dit-il à mon père, après avoir regardé autour de Tappartemint s'il ne pouvait être entendu, c'est votre probité et vos lumières qui m'amènent chez vous ; et je ne suis pas fâché d'y rencontrer ces autres messieurs dont je ne suis peut-être pas conuu,mais que je connais tous. Un prêtre, un homme de loi, un savant, un philosophe et un homme de bien I Ce serait grand has:ird si je ne trouvais pas dans des personnes d'états si différents, et toutes également justes et éclairées, le conseil dont j"ai besoin.

Le chapelier ajouta ensuite :

— Promettez-moi d'abord do garder le secret sur mon all'aire, quel que soit le parti que je juge à propos de suivre.

On le lui promit, et il continua :

— Je n'ai point denfauts ; je n'en ai point eu de ma dernière femme, (pie j'ai perdue il y a environ quinze jours. Depuis ce temps, je ne vis pas ; je ne saurais ni boire, ni manger, ni travailler, ni dormir. Je me lève, je m'habille, je sors et je rôde par la ville, dévoré d'un souci profond. J'ai g.udé ma femme malade pendant dix-huit ans ; tous les services qui ont dépendu de moi, et (juc sa triste situation exigeait, je les lui ai rendus.

Les dépenses que j'ai faites pour elle ont consommé le produit de notre petit revenu et de mon travail, m'ont laissé chargé de dettes, et je me trouverais à sa mort épuisé de fatigues, le temps de mes jeunes années perdu; je ne serais, en un mot, pas plus avancé que le premier jour de mon établissement, si j'observais les lois et si je laissais aller a des collatéraux éloignés la portion qui leur revient de ce qu'elle m'avait apporté en dot : c'était un trousseau bien conditionné, car son père et sa mère, qui aimaient beaucoup leur fille, firent pour elle tout ce qu'ils purent, plus qu'ils ne purent ; de belles et bonnes nippes en quantité, qui sont restées toutes neuves, car la pauvre femme n'a pas eu le temps de s'en servir, et 20,000 francs en argent, provenus du remboursement d'un contrat constitué sur M. Michelin, lieutenant du procureur général. A peine la défunte a-t-elle eu les yeux, fermés que j'ai soustrait et les nippes et l'argent. Messieurs vous savez actuellement mon atiaire. Ai-je bien fait ? ai-je mal fait ? Ma conscience n'est pas en repos. 11 me semble que j'entends là quelque chose qui me dit : Tu as volé, tu as volé; rends, rends. Qu'en pensez-vous ? Songez, messsieurs, que ma femme m'a emporté, en s'en allant, tout ce que j'ai gagné pendant vingt ans ; que je ne suis presque plus en état de travailler ; que je suis endetté, et que, si je restitue, il ne me reste que l'hôpital, si ce n'est aujjurd'hui, ce sera demain. Parlez, messsieurs, j'attends votre décision. Faut-il restituer et s'en aller, à l'hôpital ?

— A tout seigneur tout honneur, dit mon père, en s"inclinant vers l'ecclésiastique ; à vous, monsieur le prieur.

— Mon enfant, dit le prieur au chapelier, je n'aime pas les scrupules, cela brouille la tète et ne sert à rien ; peut-être ne fallait-il pas prendre cet argent ; mais puisque tu l'as pris, mon avis est que tu le gardes.

12 ENTRETIEN d'UN PÉBE

MON PÈRE

Mais, monsieur le prieur, ce n'est pas là votre dernier mot ?

LE PRIEUR

Ma foi, si ; je n'en sais pas plus long.

MON PÈRE

Vous n'avez pas été loin. A vous, monsieur le magistrat.

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