‹ Morceaux choisis. Recueillis et annotésChapitre 24 sur 43 · LES DEUX AMIS DE BOURDONNE · texte numérisé non relu

LES DEUX AMIS DE BOURDONNE

violent ; mais Romano père persuada son lils de donner la préférence à l'amitié, honteux de devoir la vie à une trahison. Romano se rendit à l'avis de son père. Romano père fut rais à mort, et jamais les tortures les plus cruelles ne purent arracher de Romano lils la délation de ses complices.

Vous avez désiré, petit frère, de savoir ce qu'est devenu Félix ; c'est une curiosité si simple, et le motif en est si louable, que nous nous sommes un peu reproché de ne l'avoir pas eue. Pour réparer cette faute, nous avons pensé d'abord à 31. Papin, docteur en théologie et curé de Sainte-Marie, à Èourbonne ; mais maman s'est ravisée, et nous avons donné la préférence au subdélégué Aubert, (|ui est un bon homme bien rond, et qui nous a envoyé le récit suivant, sur la vérité duquel vous pouvez compter :

« Le nommé Félix vit encore. Échappé des mains de la justice, il se jeta dans les forêts de la province, dont il avait appris à connaître les tours et les détours pendant qu'il faisait la contrebande, cherchant à s'approcher peu i\ peu de la demeure d'Olivier, dont il ignorait le sort.

« Il y avait au fond d'un bois où vous vous êtes promenée quelquefois un charbonnier dont la cabane servait d'asile à ses sortes de g 'us ; c'était aussi l'entrepôt de leurs marchandises et de leurs armes : ce fut là que Félix se rendit, non sans avoir couru le danger de tomber dans les embûches de la maréchaussée, qui le suivait à la piste. Quelques-uns de ses associés y avaient apporté la nouvelle de son emprisonnement à Reims, et le charbonnier et la charbonnière le croyaient juslicié lorsqu'il leur apparut.

« Je vais vous raconter la cbose comme je la tiens de la charbonnière, qui est décédéc ici il n'y a pas longtem{)s.

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