C’est celui dont il est écrit
« Voici que j'envoie devant ta face mon messager, qui préparera la voie devant toi, » 11. Je vous (le) dis en vérité, parmi les enfants des femmes il ne s'en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiste; mais le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. 13. Et depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu à maintenant, le royaume des cieux est nee et des violents le dérobent. 13. Car tous les Prophètes et la Loi ont prophétisé jusqu'à Jean; 14. et si vous voulez (le) prendre (ainsi), lui-même est Élie, qui doit venir. Qui a des oreilles entende! »
Luc, vu, 24. Et quand les messagers de Jean furent partis, il se mit à dire à la foule au sujet de Jean : « Qu'’êtes-vous allés contempler dans le désert? Un roseau agité par le vent? 25. Qu'êles-vous donc allés voir? Un homme couvert de vêtements bien doux?
Mais ceux qui vivent en habits somptueux et dans la volupté sont dans les palais royaux. 26. Qu'êtesvous donc allés voir? Un prophète? Oui, je vous (le) dis, et plus qu'un prophète. 27. C'est lui dont 1l est écrit : « Voici que j'envoie devant ta face mon messager, qui préparera la voie devant toi. »
28. Je vous (le) dis, parmi les enfants des femmes, 1il n’est pas de prophète plus grand que Jean; maisle plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui (xvi, 16. La Loi et ee Prophètes jusqu'à Jean depuis lors le royaume de Dieu est annoncé, et chacun lui fait violence). 29. Et tout le peuple, (l’hayant entendu, et les publicains ont rendu gloire à Dieu, ayant été baptisés du baptème de Jean; 30. mais les pharisiens et les légistes ont anéanti le dessein de Dieu pour eux-mêmes, n'ayant pas élé baptisés par lui, »
Les deux évangélistes reproduisent, après le message de Jean et la réponse de Jésus, un jugement, ou plutôt une série de jugements sur le Précurseur et sur son œuvre. La plupart de ces pensées devaient être groupées ainsi dans la source commune ; mais toutes n’ont pas été prononcées dans la même occasion, et elles n'ont pas été dites à propos du message de Jean. Dans l’arrangement actuel du récit, l’éloge du Baptiste semble destiné à corriger l’impression fâcheuse que pourrait donner l’épisode du message; mais ce rapport est purement extérieur, les considérations sur le rôle de Jean et sa relation avec le royaume n'étant rien moins qu’une apologie. La sentence concernant Jean prophète et précurseur pourrait avoir été dite avant l'incident du message, dès les premiers temps de la prédication évangélique et de la capuvité du Baptiste, tandis que l’appréciation générale sur la situation de Jean à l'égard du royaume semblerait plutôt avoir été formulée après sa mort. Rien n'empêche de voir dans tout cet ensemble un recueil de souvenirs relatifs à Jean: les diverses appréciations du Sauveur auront été rattachées tout naturellement au fait du message, et l'indication : « Quand les messagers furent partis », ne serait qu'une transition dépourvue de fondement historique.
Ce que Jésus dit d’abord est sans liaison intime avec la démarche de Jean et n’a pas été conçu pour défendre le Précurseur contre des gens que sa question aurait scandalisés. Cette question a pu sembler choquante aux commentateurs, et déjà les évangélistes en ont été quelque peu étonnés ; mais elle ne devait pas surprendre, à moins que ce ne fût en un sens tout contraire, ceux qui l’ont entendue, puisque Jésus n'avait pas encore déclaré qu'il était le Messie, et qu’il ne le signifie même pas dans sa réponse à Jean, si ce n’est d'une façon indirecte, en tant que la présence du Messie peut être impliquée dans
l'avènement du royaume. Si le jugement dont ils agit avait été prononcé en celte circonstance, Jésus aurait simplement pris occasion du message de Jean pour dire ce qu'il pensait de sa personne et de sa mission.
Le ton du discours est celui d’une conversation familière, mais très animée, où l’orateur pose des questions auxquelles il va répondre lui-même, afin de montrer ce que Jean n'est pas et surtout ce qu'il est. Ce qu'on allait voir au désert, ce n’était pas un roseau agité par le vent : il n’en manque pas au bord du Doudur et Jean était tout autre chose. Le Baptiste n’était pas un homme de volonté faible et changeante ; il savait ce qu'il voulait et ce qu’il faisait ; il suivait sa voie sans se laisser détourner ni arrêter par les raisons d’intérêt personnel et d'opportunité qui gouvernent généralement la conduite des hommes. Conclure de là que Jésus écarte le reproche de versatilité que l’on aurait pu adresser à Jean!, s’il avait réellement changé d'avis à propos du Sauveur, est singulièrement rétrécir et fausser le sens du texte. Jésus ne parle pas des opinions qui auraient pu se succéder dans l'esprit du Baptiste, mais de son caractère, de sa vie, de son rôle providentiel. Jean n’était pas non plus un individu efféminé, mollement vêtu, Luc ajoute : « faisant bonne chère », que l’on serait allé regarder par curiosité. L'homme que l’on cherchait avec tant d’empressement n'habitait pas un palais; il vivait dans le désert, mal nourri, couvert d’une tunique en poil de chameau. Ce qu’on allait voir, c'était un prophète, un vrai prophète, ou pour mieux dire, un homme plus grand que tous les prophètes ; car les prophètes ont annoncé de loin l'avènement du royaume, et Jean est celui dont il a été écrit qu'il marcherait devant le Messie pour lui préparer la voie.
La citation de Malachie?, déjà rencontrée au commen-