‹ Morceaux d'exégèseChapitre 9 sur 138 · AV · texte numérisé non relu

AV

BEELZEBOUL 15

Son précédente que Satan, chassé, doit l'être par plus fort

que lui, puisqu on ne peut songer à dire qu’il se chasse Juin -même. L’argument n’admet pas d'autre alternative que V expulsion par la puissance de Satan, qui est inconcevable, ou l'expulsion par la RiPsauce de Dieu. On a observé ! que le raisonnement n’est pas absolument concluant, et qu'il ne le serait pas du tout si l’on soulevait

une.autre hypothèse, l'expulsion par la puissance de la

magie. Mais, pour Jésus, ceite hypothèse se confondait avec la première, l’idée d’un pourais surnaturel qui ne serait ni de Dieu ni du démon n'ayant pas de réalité au point de vue de l’ Évangile.

Dans Matthieu et dans Luc la première comparaison se trouve séparée de la seconde par un argument ad hominem, tiré des exorcismes qui se pratiquaient chez les Juifs. Ceux-ci n'’imputent pas le succès de leurs exorcismes à la puissance de Satan, et l’on n’a pas le droit d'apprécier autrement ceux de Jésus ; mais si Dieu opère des guérisons par Jésus, c’est donc que le royaume de Dieu est arrivé. À juger de ce morceau par le contexte, les « fils? » de ceux à qui Jésus parle seraient, dans Matthieu, les disciples des pharisiens ou simplement leurs adhérents, des gens de leur parti; dans Luc, où les pharisiens ne sont pas nommés, ce seraient, en général, des exorcistes juifs, des hommes appartenant, pour

ainsi dire, à la même famille que les auditeurs de Jésus,

parce qu’ils sont de même nation et de même religion. Cette facon de parler a de quoi surprendre, parce que le Sauveur paraît se mettre lui-même en dehors de la nation juive et sopposer comme Fils de Dieu aux enfants d’Is-

Page 1