‹ Morceaux d'exégèseChapitre 8 sur 138 · Cf. Rieum, Handwôrterbuch, I · texte numérisé non relu

Cf. Rieum, Handwôrterbuch, I

24. Si un empire est divisé contre luimême, cet empire ne pourra subsister. 25.

Si une maison est divisée contre ellemême, cette maison ne pourra tenir. 26.

Si Satan se lève contre lui-même et se divise, il ne peut tenir et il est à sa fin. 27. Mais nul ne peut, étant

. entré dans la maison

du fort, prendre ses meubles, si d'abord il ne lie le fort ; et alors il pillera sa maison. »

MORCEAUX D'EXÉGEÈSE

dévasté ; et toute ville ou maison divisée

contre elle-même ne

subsistera pas. 26. Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même : comment donc subsistera son empire? 27. Et si c'est par Beelzeboul que je chasse les démons, par qui vos fils les chassent-ils? C'est pourquoi ils seront vos juges. 28. Mais si c'est par l'esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu à vous. 29.

Ou comment peut-on entrer dans la maison du fort et prendre ses meubles, si d'abord on ne he le fort? Et alors on pille sa maison, »

dévasté, et maison (y) tombe sur maison. 18.

Si Satan aussi est divisé contre lui-même, comment subsistera son empire ? puisque vous dites que Je chasse les démons par Beelzeboul. 19. Si Je chasse les démons par Beelzeboul, par qui vos fils les chassentils? C’est pourquoi ils seront vos juges. 20.

Mais si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu à vous. 21.

Quand le fort armé garde son enceinte, ce qu'il possède est en sùüreté. 22. Mais si un plus fort que lui, survenant, triomphe de lui, il emporte l’armure où était sa confiance et il distribue ses dépouilles. »

Marc ne dit pas comment Jésus a connu les propos des scribes. On peut supposer ou bien qu'il les entend, parce que ses adversaires, sans s'adresser à lui, ont parlé assez haut pour qu'il ait saisi leur discours, ou bien que ce discours lui est répété par d’autres. En disant que Jésus connaissait leurs pensées !, Matthieu et Luc supposent plutôt qu'il n’a pas eu besoin qu'on lui rapportât rien, mais que la puissance de l'esprit qui était en lui devait lui révéler et le faux bruit et les intentions de ceux qui

1. Matra, 95. eidoç Dù rc évhvucers adrôv. Luc, 17. adrdc DE eidde

aoTov Tà dravomuata.

BEELZEBOUL 13

l'avaient lancé. Les évangélistes ne veulent pas signifier que les ennemis de Jésus ne croyaient pas eux-mêmes ce qu'ils disaient. Dans le troisième Évangile il semblerait que « les pensées » dont il s’agit scient celles des gens qui demandent un signe !; mais ce n'est qu'une apparence résultant de l’anticipation faite par Luc, et le discours qui suit ne s’en rapporte pas moins à l'affaire de Beelzeboul. Le caractère parabolique de la réponse est indiqué dans Marc ?. Si cette indication vient de source, Luc à pu l’omettre comme non justifiée par la suite, et Matthieu a pu la trouver déplacée avant le discours des paraboles.

Avant de reproduire les comparaisons, Marc énonce une interrogation qui montre où tendent les arguments pro- posés : « Satan peut-il chasser Satan? » Il ne faut pas traduire : un démon peut-il en chasser un autre ? Satan est Satan, et la question n’est qu'une facon plus énergique d'affirmer que Satan ne se chasse pas lui-même. Tous les démons ayant cause commune, on peut dire que Satan est chassé dans la personne de ses subordonnés et que ce ne peut être lui qui se persécute de la sorte. L'absurdité de l'hypothèse ressort ensuite des deux paraboles : empire divisé, guerrier vaincu. Dans la première, Jésus propose l'exemple de deux choses dont l'unité garantit l’existence et que la division détruit, à savoir une monarchie et une famille : empire et maison divisés tombent d'eux-mêmes. On lisait sans doute dans la source, comme dans Matthieu et dans Luc : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté *. » Matthieu, entendant peut-être la ruine de la maison au sens matériel,

2. V. 23. nai mcooxa)ecduevoc adrodc y TapaGohais Ekeyev aUtois.

3. MarrTH. 25. müocu Goctheia meoucheicx xaf” éaurñs (Luc, 17. ëo” ÉTUTNV Graeptobeïox) éonuoërat. Cf. Marc, 24. xai dv Bacrhelu ëp' Eavrnv epio0%, où düvarat crabñvar ÿ PasrAeix Exeivn.

14 MORCEAUX D'EXÉGÈSE ES D er

met une ville avant la maison !, bien qu'une villene puisse être comparée à l'empire de Satan. Luc ? ramène le second

exemple au premier, en représentant les maisons qu

s’effondrent les unes sur les autres dans l’empire dévasté. La conclusion primitive semble néanmoins avoir été gar- | dée dans le troisième Evangile : « Si Satan aussi est divisé contre lui-même, comment subsistera son empire )» Matthieu aura combiné cette question avec celle qui précède la comparaison dans Marc. Celui-ci explique comment Satan se diviserait en se levant contre lui-même ;

comme il a mis l'interrogation au début, il la supprime maintenant, et, pour ne pas aboutir à une simple néga-

tion, il ajoute : Cet il est à sa fin ». Marc parle toujours

de Satan et non de son royaume, ce qui maintient la

comparaison jusqu'au bout, tandis que Matthieu et Luc

appliquent à l’empire de Satan ce qui a été dit de tout

royaume. La remarque de Luc : « puisque vous dites que je chasse les démons par Beelzeboul ÿ », n’est pas autre

chose que l'observation finale de Marc “: « parce qu'ils

avaient dit : Il a un esprit impur », transposée dans le

discours de Jésus.

C’est admettre l'absurde que de supposer Beelzeboul chassant les démons par Jésus, puisque Beelzeboul se détruirait ainsi lui-même, et ce serait admettre en même temps que l'empire de Satan est brisé. Si la première hypothèse est fausse, la conclusion qui en résulte ne laisse pas d’être vraie, mais pour un autre motif. L’empire de Satan s'écroule, non que Satan lui-même travaille à sa ruine, mais c'est qu'il a trouvé plus fort que lui. Ainsi se trouve amenée la comparaison de l’homme armé. Ilest déjà sous-entendu dans l’application de la comparai-

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