‹ Morceaux d'exégèseChapitre 96 sur 138 · Jüucner, Il · texte numérisé non relu

Jüucner, Il

2. Le rapport des chiffres, cent brebis dont une égarée, dix drachmes dont une perdue, deux fils, dont un prodigue et débauché, n’a aucune signification pour l’objet des paraboles.

3. La conjecture de Rescu, I, 431, pour restituer à la parabole du Prodigue une conclusion analogue à celle des deux autres, est au moins

inutile.

Le premier Évangile ! contient une petite parabole où l’on met pareillement en scène un père et deux fils ; mais la ressemblance s'arrête au choix des personnages et ne s'étend pas à la matière du récit, ni même à son application, où les pharisiens et les publicains sont mentionnés, comme dans le préambule de Luc. La parabole de Matthieu est expressément dirigée contre les pharisiens. On peut croire que le Sauveur, à deux époques différentes, a repris le même cadre parabolique, en changeant l’action des personnages et la pointe du récit. Il semble que Luc, ou l’auteur dont il dépend, ait connu la parabole du premier Évangile. et, pour ne pas faire double emploi avec l’histoire du Prodigue selon le sens qu’il lui attribuait, se soit contenté d’en transporter la conclusion dans un discours où elle n'est certainement pas à sa place *. Pour le fond, l’analogie de la parabole du Prodigue avec celle des Ouvriers de la vigne ? serait moins éloignée ; mais le rôle du prodigue est autre que celui des ouvriers de la dernière heure.

De tout temps et jusqu’à nos jours, les commentateurs ont été enclins à transformer en allégorie la parabole du Fils prodigue. Il ne semble pas que Luc lui-même ait déjà vu dans le fils aîné la figure du peuple juif et dans le fils prodigue les Gentils. Bien que les applications morales se présentent d’elle-mêmes au lecteur et que peu de pages évangéliques soient aussi riches d’enseignements, le récit, dans la forme où il nous a été transmis par la tradition, n'a rien d’allégorique. Aucune interprétation symbolique ne peut se soutenir d'un bout à l’autre de la narration n1 être considérée comme répondant à la pensée de Jésus. Le nombre des fils est

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