‹ Morceaux d'exégèseChapitre 99 sur 138 · Jésus répondit · texte numérisé non relu

Jésus répondit

« Le premier, c’est :

« Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur, 30. et tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, de toute ta force. » 31.

Le second est celuiei : « Tu aimeras ton prochain comme toimême. » Il n’y a aucun autre commandement plus grand que ceux-là. »

Matra. xxn, 34.

Et les pharisiens, apprenant qu'il avait fait taire les sadducéens, se rassemblèrent, 35. et l’un d'eux, docteur de la Loi, lui demanda pour l’éprouver..: 30.

« Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi? »

37. Et 1] lui dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit. » 38. C'est le plus grand et le premier commandement.

39. Un second lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

40. C'est à ces deux commandements que toute la Loi se rattache, ainsi que les Prophètes. »

Luc, x, 25. Et voici qu'un docteur de la Loi se leva, voulant l’éprouver (et) disant :

« Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ? » 26. Et il lui dit : «Qu'y at-il d'écrit dans la Loi ?

Qu'y lis-tu ? » 27. Et lui, répondant, dit :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, de tout ton esprit, et ton prochain comme toimême. » 28. Et il lui dit : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu VI1VrAS. »

Marc. xu, 32. Et le scribe lui dit : Luc, xx, 39. Et prenant « Bien, maître, tu as dit avec raison la parole, quelques-uns des qu'il (Dieu) est unique et qu'iln yena scribes dirent : « Maître, tu pas d'autre que lui; 33. et l'aimer de as bien parlé. » 40. Car ils tout (son) cœur, de toute {son) intelli- n'osaient plus rien lui degence, de toule (sa) force, et aimer mander.

(son) prochain comme soi-même vaut mieux que tous les holocaustes et les sacrifices. » 34. Et Jésus, voyant qu'il avait répondu sagement, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et nul n'osait plus l’interroger.

Marc suppose qu'un scribe avait entendu la conversation du Sauveur avec les sadducéens !. Comme les pharisiens défendaient. contre ceux-ci la croyance à la résurrection, ils ne pouvaient qu'être flattés qu'on les eût réduits au silence. L'un d’eux aurait donc été ainsi encouragé à questionner Jésus sur un point important, ou jugé tel dans les disputes de l’école, à savoir quel était le premier ou le plus grand commandement de Ja Loi. On sent que le questionneur est un casuiste; mais la suite montre que l’évangéliste a voulu Île présenter comme une âme droite et sincèrement religieuse. Jésus lui répond en citant les passages du Deutéronome ? et du

1. V. 98. ec Toy yoauuatéwov, axoûoas adr@v cuvénrouvrev, ed@c (A B; NODL, mss. lat. Vg. 16v) ôtr xrh.

2. vi, 4-5. Hébr. : « Tu aimeras lahvé ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton pouvoir. » LXX : & 6Anç te duavolac cou xt &E Ghnç Tac Vuyñc cou xai € 6Anc Ts duvamews couv. Mara, 30. & ôAnç ra xugdlas où x. €. 0. t. d. o. xai &Ë On The diuvolac ou xai &E OAnc Tic is/vos sov. Les LXX emploient de même içyüs dans IT Rois, xxu1, 25. La citation de Marc semble donc faite d'après l’hébreu ; x. e. 0. t. Gtavoias co, qui fait double emploi avec x. €. 0. +. xapèlas cou, et qui manque dans D (Ss. quelques mss. lat.), au lieu d'être dû à l'influence des LXX, pourrait n'être pas primitif dans Marc. Cependant, comme Luc, x, 27 a le même doublet, et que Marrn. 37 lit ëv 61n T9 dvavoia sou, sans rien qui corresponde au quatrième membre de Marc, la leçon commune

Lévitique !, concernant l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Marc donne le premier précepte avec le préambule solennel : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul ur » La formule entière est devenue en quelque sorte le symbole de la foi juive. La façon dont le second précepte est amené donne à penser qu'il participe à l’excellence du premier et qu'il s’y rattache par un lien très étroit. Ce sont les deux plus grands commandements, auxquels tous les autres se rapportent. Aussi le rédacteur du premier Évangile, répétant une glose du discours sur la montagne?, dal que toute la Loi et les Prophètes en dépendent.

La conclusion du récit dans le second Évangile est entièrement favorable au scribe. Dans une réponse un peu lourde et qui a chance d’avoir été remaniée et allongée par l’évangéliste, le docteur approuve et commente les paroles de Jésus, en disant que l’amour de Dieu et du prochain vaut mieux que tous les sacrifices. Il est évident, et le Sauveur proclame ouvertement que cet homme n’est pas loin du royaume de Dieu, car il est dans la disposition intérieure la plus conforme à l'esprit de l'Évangile. Marc ajoute que personne n'osait plus interroger le Sauveur, ce qui, sans être en contradiction avec le contexte, ne laisse pas d’être un peu surprenant, puisque le dernier entretien n'était pas de nature à décourager ceux qui auraient eu d'autres questions à faire. Il y a quelque subtilité à dire que l’on n'osait plus interroger le Christ après qu'un docteur de la Loi avait été obligé de

semble devoir être maintenue. D'autre part, l'emploi de £v, au lieu de é£, dans Matthieu et dans Luc (sauf pour le premier membre de l’énumération), qu'on trouve aussi dans IT Rois, xx, 25 (supr. cit.), est conforme à l'hébreu. On peut donc soupçonner FREE les trois Synop tiques une source qui contenait la citation tout entière selon l’hébreu. Lexix ler 2, Mara. vit, 12.

lui donner raison!. On peut douter plutôt que cette remarque ait été d’abord jointe à l'entretien qui la précède. Vaut-il mieux supposer quelle sert à préparer ce qui suit et qu’elle annonce l'offensive que Jésus va prendre 2) Il en est ainsi dans l'économie actuelle du second Évangile, mais en soi la formule a simplement le caractère d’une conclusion. Elle a dû clore d’abord et très naturellement une série de questions que l’on avait faites à Jésus. Si la question discutée n'est pas à sa place, comme d’autres indices portent à le croire, la remarque touchant la fin des interrogations aurait pu venir après la dispute sur la résurrection, où Matthieu et Luc en ont senti l'absence. Luc se trouverait l'avoir rétablie en son lieu, et peut-être y a-t-il été aidé par une source où elle se présentait de cette facon. Mais cette hypothèse n'est ni la seule ni peut-être la meilleure qu'on puisse proposer.

La physionomie de ce récit dans Marc est tout à fait singulière, et l’on peut s'étonner qu'elle n’ait pas éveillé le soupçon des critiques. L'anecdote est comme dédoublée : un scribe interroge Jésus, et Jésus répond de manière à satisfaire le scribe; par l'interrogation du début, l'incident se rattache aux questions antérieures, mais l'issue est peu satisfaisante, le contentement du scribe étant un bien faible témoignage ; Matthieu et Luc ont mieux aimé laisser entendre que le questionneur avait été confondu ; Marc lui-même développe l’histoire pour que le dernier mot reste au Sauveur, et l’on voit le scribe qui redit la réponse de Jésus, comme pour mériter à son tour l'approbation du Christ. Rien de plus froid que cette répétition. Ne serait-on pas en droit de conjecturer que le rédacteur du second Évangile travaillait sur une source où le scribe donnait la réponse, comme dans Luc, et que

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