ŒUVRES DE MOEIÉRE. — EE MISANTHROPE
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plus délicieuses compositions, aussi charmante que l’épisode est touchant. La Dauphine, Marie-Antoinette, suivait en calèehe la chasse du Roi. Le cerf, poursuivi, rencontre un vigneron qu’il frappe et que l’on croit mort. La femme du pauvre homme travaillait non loin de là : on comprend son désespoir. Mais le vigneron en réchappera, vient-on dire à la Dauphine, et Marie-Antoinette, suivie de ses dames et de ses gens, court essuyer les larmes de la triste créature entre les mains de c|ui chacun laisse sa bourse. Et cela fait songer aux contes de jadis, où le Roi et la Reine arrivent toujours, à point nommé, pour secourir les malheureux.
Moreau lui-même, reprendra encore ces sujets dans un autre recueil de chansons: Les A-pi^opos de Soeiété et les A-propos de la folie de Pierre Laujon.
Les Chansons de La Boude et celles de Laujon vont de pair. Le vers y est aussi terne que l’image est brillante, comme si, déjà, il fallait que la littérature fût médiocre pour inspirer convenablement le dessinateur.
Cependant, les vers de Laujon valent mieux que ceux de La Borde. Ils sont, après tout, d’un professionnel de la chanson et de la comédie, d’un successeur de Gentil-Bernard, qui devint, sous le premier Empire, membre de l’Académie française.
La vie de ce chansonnier est plus pittoresque que ses vers. Elle fut un de ces romans, très communs autrefois, qui nous paraissent invraisemblables comme des contes d’enfants. Au temps où il y avait
des originaux, l’existence d’un Laujon ne surprenait personne. On ne trouvait pas extraordinaire l’existence de ce poète qui, né sous Louis XV et mort sous Napoléon L% avait traversé tant d’événements tragiques, la chanson aux lèvres. Ses débuts dans la poésie légère et dans le théâtre badin, avaient été heureux. Encouragé par ces premiers succès, il avait persévéré dans ce genre qu’aimaient nos pères et que nous ne connaissons plus. Les SjUne, les Zéphyr e s’empressèrent d’éclore sons sa plume. Le bruit de ces succès arriva jusqu’à Madame de Pompadour qui le désigna pour un des auteurs des spectacles des Petits Appartements. Puis, il passa au service du prince de Gondé, qui le chargea d’enchanter les hôtes de Chantilly ; enfin il écrivit, lui aussi, un Chérubin avant Beaumarchais : V Amoureux de quinze ans.
Ainsi s’écoula cette vie de songe, au milieu des refrains et des fêtes. La Révolution en fut le réveil. Laujon perdit tout ce qu’il possédait. Il ne garda que sa bonne humeur, son aménité souriante et la plus invincible des timidités. Il arriva ainsi au premier Empire, témoin dépaysé d’une civilisation disparue. L’Académie française, en l’accueillant, lui donna une dernière joie et il mourut heureux de voir auprès de lui, prêts à lui succéder, Désaugiers et Bérangei’.
Tjes A-propos de Société^ parus en 1776, peuvent compter, comme les Chansons de La Borde, parmi les plus délicates Iroiivailles de Moreau le .leuue. Rien <le plus lieureiix que la Fête champêtre , la Diseuse de
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