‹ Moreau le jeune, 1741-1814Chapitre 6 sur 66 · ŒUVRES DE MOLIÈRE. — L’ÉCOLE DES MARIS · texte numérisé non relu

ŒUVRES DE MOLIÈRE. — L’ÉCOLE DES MARIS

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(KIJVUES DK MOLIÈRE. — LES FACHEUX

MOREAU lÆ JEUNE

sitions de Greuze, puisque, dix ans plus tard, il fit la gravure de la Philosophe endormie, c’est-à-dire Madame Greuze, la plus étrange des philosophes.

Mais Greuze était alors un maître universellement admiré. Ses tableaux littéraires, ses sujets à émotion froide, où se rencontre tout, excepté de la bonne peinture, soulevaient l’enthousiasme. A ce point que, lorsque la Malédiction paternelle parut, en 1777, le Journal de Pains annonça en ces termes le succès de l’œuvre et le dessin de Moreau : « La Malédiction paternelle est regardée par un grand nombre de connaisseurs comme le chef-d’œuvre de ce savant artiste. On sait qu’il a fait longtemps la matière de la conversation générale. L’enthousiasme était tel que, dans une société de personnes de distinction, pour diminuer les regrets de ceux qui n’avaient pas pu le voir et leur donner une idée de la composition de ce tableau, un artiste célèbre eut la complaisance d’en faire sur-le-champ le dessin. » L’artiste célèbre était Moreau le Jeune.

Même triomphe, l’année suivante, pour le Fils puni. Et les deux estampes parurent avec ce titre, rare dans l’histoire de la gravure : « Tableau de Greuze gravé de mémoire. »

Mais ces ouvrages ne sont que des accidents dans la vie artistique de Moreau le Jeune. En cela, comme en toutes choses, il suivait la mode, il participait aux engouements du jour. En réalité, Greuze ne fut jamais son homme.

Son véritable début, la révélation de ses qualités personnelles se manifeste dans la gravure de deux gouaches pleines d’esprit, le Coucher de la Mai'iée, et le Modèle Jtonnête de Baudouin. Le Modèle honnête, exposé au Salon de 1769, fut terminé par Simonet. C’est un de ces sujets équivoques tels que les aimait Baudouin, sujets à prétentions vertueuses, à AÛsées morales, comme l’étaient toutes les gaillardises de cette époque. Mais elle ne rentre pas, comme le Coucher de la Mariée, dans les scènes que Moreau le Jeune eût aimé à traiter. Aussi l’exécution n’at-elle pas l’étonnante virtuosité de son pendant ; c’est l’œuvre d’un bon praticien.

Ze Coucher de la Mariée, au contraire, bien que Baudouin en soit l’auteur, aurait pu être signé de Moreau, au moins en partie. On retrouve là, avec jdiis de somptuosité, plus de richesse dans l’ornement, les belles architectures du Monument du Costume. Les étoffes sont plus abondantes, mieux chiffonnées, les tentures d’une étoffe plus riche, plus lourde que dans les chambres un peu nues des Précautions, mais la Mariée, sa mère, ses caméristes ont quelque chose des croquis de femmes dont Moreau a couvert ses calepins.

Baudouin, d’ailleurs, avec Goehin, a contribué à la création du type féminin de Moreau. IjU Toilette aurait pu, sans grand effort, être dessinée par lui, lant on retrouve, dans cette cliaimante estampe, sa liiK'Sse et sa netteté. En art, comme ailleurs, on

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