LE PRÉSIDENT HÉNAULT. — NOUVEL ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE
Les Métamorphoses d’Ovide. — Le Théâtre de Molière. — Les Chansons de J. -B. La Borde. — Les A-propos de Société de Laujon.
Les Métamorphoses cVO^nde ofTraient un thème unique aux artistes d’une époque où la mythologie inspirait tous les heaux-arts. On la trouvait sur les plafonds et les lambris des palais, comme dans les Folies des financiers. Elle triomphait aussi dans la Littérature , la Poésie , le Théâtre , partout où Ton avait besoin d’esprit, de grâce et de lumière.
Pour que l’édition nouvelle d’Ovide fût parfaite de tout point, on prit la plus célèbre traduction qui existât alors, celle de l’abbé Banier, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Cette traduction avait eu un grand retentissement, à son apparition, non pas tant pour elle-même, que pour les commentaires dont elle était entourée. L’abbé Banier, hésitant devant l’énigme indéchiffrable des mythes antiques, avait tenté de leur donner une explication conforme au rationalisme qui pénétrait, alors, l’érudition comme la philosophie. Il faisait de l’histoire des Dieux , les simples aventures de médiocres humains haussés jusqu’à la divinité par l’imagination populaire. Quant aux Métamorphoses, elles n’étaient plus, pour lui, que les « jeux d’esprit » des poètes.
La science de l’abbé Banier était réelle et sa conception de la mythologie séduisit tous ceux qui n’avaient qu’une connaissance toute mondaine de l’antiquité. Aussi fît-elle fortune. Elle suffisait aux esprits qui croient que la raison suffît à tout.
Aujourd’hui, cette question ne nous paraît pas aussi élémentaire.
Nous savons que les mythes aimables dont s’amusaient les Salons du xviii® siècle, au lieu de dater de la civilisation gréco-romaine, se reculent dans le temps, jusqu’à des profondeurs immenses. Ils symbolisent des phénomènes terrestres ou humains dont la grandeur formidable se perd dans un lointain que