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Morphologie de Tridacna elongata et de Hippopus

du Dental, du Taret, du Vermet, de l'Arrosoir et de bien d'autres types anormaux. La (Re N'est-il pas intéressant de constater que cette œuvre originale a été | menée à bien par un savant de près de quatre-vingts ans ? | — Lorsqu'on m'a proposé de recueillir ces notes et de mettre au point la publication de ce travail, j'ai accepté avec empressement, heureux de rendre un dernier hommage à la mémoire scientifique, de, mon ancien maître. 744 Je croyais entreprendre une tâche délicate, car il est d'ordinaire fort difficile de mettre sur pied une œuvre posthume : pour retrouver la pensée de l’auteur, au milieu de notes incomplètes et parfois incompréhensibles, on se heurte souvent à une besogne fatiguante 4 et aride.

— I n’en a rien été dans le cas présent.

L'ensemble des notes laissées par Henri de Lacaze-Duthiers s'est trouvé si complet, le travail était si avancé, que je mai eu ne rédiger l'explication des figures, à en complèter quelques-unes d’après les croquis de l’auteur, et à faire quelques arrangements peu

RUE pe pouvoir livrer le texte à l'impression.

dernière de Henri de Lacaze-Duthiers Mon seul mérite, si c'en est. un, est d’avoir fourni, à la suite de voyages dans les pays chédde s les matériaux nécessaires à ces recherches. À

— Cette constatation me met tout à fait à l'aise pour faire ressortir d l'importance de ce travail, pour dégager, en quelques lignes, les. : conclusions auxquelles il conduit, et pour porter sur lui un jugement sincère. ra Se =,

D'habiles naturalistes ont maintes fois étudié et décrit la Pre dacne. Ce n’est donc pas la description anatomique, qui constitue le mérite de cet ouvrage, quoique la monographie de l Hippope présente un grand nombre de faits nouveaux et précise d’intéressantes p° cularités d'organisation, Quelque bien faite que soit la description,

n'est là que la partie secondaire de l'ouvrage. La description Re

logique des organes est même poussée moins loin que ne l'avait fait Grobben dans un mémoire tout récent.

La partie vraiment originale de l’œuvre me parait consister en CECL:

Les naturalistes qui avaient étudié ce Mollusque, abusés par les apparences, n'avaient pas compris sa véritable physionomie.

« L'animal de la Tridacne, avait dit Cuvier ! est fort extraordinaire, parce qu'il n’est pas placé dans sa coquille comme la plupart des autres. » À son exemple, les naturalistes croyaient que la Tridacne était tordue dans l’intérieur de sa coquille, et il en est résulté des descriptions tout à fait extraordinaires.

Henri de Lacaze-Duthiers, dans la série des planches qui illustrent son travail, rétablit la véritable physionomie de ce géant des Acéphales. Il montre que cette soi-disant torsion de l'animal, dans l'intérieur de sa coquille, n'existe que dans l'imagination des auteurs, et ses figures sont si claires, si démonstratives, que l’on s'étonne, après les avoir examinées avec soin, qu'on ait pu soutenir pendant tant d'années une thèse si visiblement contraire à la réalité des faits.

Est-ce une brusque intuition de la vérité, un hasard heureux qui l'amène à cette découverte?

Non — il suffit de parcourir le chapitre consacré aux conclusions générales pour s'en rendre compte et comprendre quelle est la méthode qui lui sert de guide.

— Il est toujours facile d'établir une hypothèse pour expliquer une disposition anormale chez un animal. Les rapports des organes paraissent-ils différents chez lui et chez ses voisins ? aussitôt on déclare que l'animal s'est tordu. La Tridacne n'est pas le seul représentant des Mollusques qui ait été victime de la torsion & prioré.

Il est plus long et plus difficile de constater minutieusement le détail des faits, de les réunir en un ensemble qui permette une comparaison raisonnée. Henri de Lacaze-Duthiers, par sa connaissance

lCuvien, Règne animal, t. IT, page 142.

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mieux préparé pour mener à bien ce travail difficile. ; Toutes les déformations apparentes de la Tridacne s 'expliquents en effet si l’on étudie, avec l’auteur, les types caractéristiques de ce 14 groupe, sans qu'il soit nécessaire d'admettre un renversement ou S': une torsion du corps de l'animal. Ls Il est arrivé à démêler la vérité, par l'application rigoureuse de sa méthode scientifique, en se basant sur la loi des connexions, qui a. a servi de guide dans ses plus beaux travaux sur les Mollusques. Que lon admette ou non la généralité de cette loi, on ne peut nier que cette fois, encore, elle ne lui ait permis de dévider l'écheveau | embrouillé, comme à plaisir, par ses prédécesseurs. 4 Louis Borrax. 1 LA

Maitre de Conférences de PAR PE à l'Université de Paris,

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