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Toutes les fois que, dans mes leçons du Muséum d'histoire a
de l'Ecole normale supérieure ou de la Sorbonne, j'ai eu à traiter des Acéphales, j ai éprouvé le plus grand embarras en cherchant à expo-
ser clairement la position des Tripaëniées, en la basant sur Jeur où £ PR parce que je n'avais à ma Re que les docur in
destinant entièrement à mes études morphologiques des Acéphales. J'ai pu, seulement alors, satisfaire ma curiosité sur l’organisation de ces singuliers animaux, car lorsqu'on lit ce qui a été écrit sur eux,
quand on retrouve, dans la presque totalité des écrits, cette mème
idée, originale sans doute, que lanimal s’est retourné dans sa,
coquille, ou tordu dans sa coquille, elle ne peut manquer de s’éveiller et l’on éprouve le désir de rechercher comment les conditions anormales, et l’on peut dire extrordinaires, se sont produites et même si elles existent.
Cette croyance à une torsion s’est reproduite, en effet, dans les diverses publications, et l’on n’a pas de peine à en reconnaitre l’origine à la première observation, qui suffit à montrer que la position relative de lPanimal et de la coquille ne semble pas être ce qu’elle est dans la plupart des Acéphales normaux.
Les Tridacnes vivants, observés au fond de la mer, ont fait l’admiration de tous les naturalistes voyageurs; leurs couleurs, leur livrée, les ornernents des bords de leur manteau ont été comparés aux fleurs les plus éclatantes. Cependant, tous les naturalistes ont été embarrassés par cette particularité étonnante que les crochets des valves de la coquille se trouvent au voisinage du byssus, c’est-à-dire que le pied d’où s'échappent les filaments fixateurs est situé tout proche de l'articulation du ligament unissant les valves placées ordinairement à l'opposé. Ce sont ces rapports, peu habituels et même très différents de ce qui se présente habituellement, qui ont conduit à cette interprétation que Panimal, par un mouvement tournant, à rapproché des organes habituellement éloignés et situés dans des régions opposées de son corps.
Grâce aux beaux échantillons de Tridacne et d’Æippopus de taille différente, il m'a été possible de me rendre un compte exact des différences si grandes qu’un premier examen fait observer.
Tout d’abord, il faut reconnaitre que les descriptions qu’on trouve dans les différents écrits sur les Tridacnes sont souvent difficiles à
‘interpréter; la lecture en est laborieuse: Même en ayant les animaux
nu mé
sous les veux, j'ai éprouvé de la peine à bien reconnaître ce qui était indiqué dans les figures publiées.
J'ajoute, et je pense que l’on sera de mon avis, que les figures des animaux qui ont été données n’ont pas cette clarté, cette netteté qui fait qu'on reconnaît suffisamment ce que veulent signifier les dessins, Ils sont, en général, peu faciles à interpréter.
Cela, je lai compris non seulement par la lecture des mémoires, mais surtout quand, avec le crayon, j'ai voulu moi-même représenter ce qui est, et donner des figures claires des dispositions organiques.
Puis-je espérer que les dessins qui accompagnent ce travail permettront de reconnaître aisément les conditions morphologiques des
Tridacnes ?
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ExPOSÉ CRITIQUE DES TRavAUX DE MM. VAILLANT ET GROBBEN
Il me paraît hors de doute que la cause de la difficulté qu'on éprouve à comprendre les figures publiées tient à ce que les animaux ont été supposés et décrits par les divers auteurs dans des positions différentes. La position ou lorientation n'ayant pas été nettement fixée à l'avance, les désignations employées varient avec les auteurs et les descriptions : la confusion qui en à été la conséquence a fait naître ces difficultés.
La première cause d'erreur, ou mieux de confusion, a tenu à ce que le bord libre des valves à été placé d’une façon homologue à la situation qu'on donne aux bords libres des coquilles d’Acéphales les plus régulières, et dans cette supposition, le byssus et le pied, son producteur, sont venus se placer dans une position inverse de celle qu’on rencontre habituellement ; enfin les crochets (umbo) sont devenus voisins d’un organe dont ils sont ordinairement éloignés.
Les conchyliologistes ont tout subordonné à la position de la charnière et des bords libres de la coquille : es malacologistes ont
subi leur influence, ce quiles a conduits, comme conséquence de cette première détermination de la situation, à l’idée d’une torsion qui se serait accomplie sur le corps de l'animal.
M. Varsraxr !, qui est incontestablement le premier qui ait donné des descriptions anatomiques étendues d’après le vivant, et qui a étudié sur la nature même, a été amené à une opinion, qu’il ne parait pas possible d'accepter : il admet des posifions différentes, l'une pour la coquille, l'autre pour l'animal.
Aussi la lecture d’une partie de son travail est-elle très laborieuse, du moins pour moi, même en ayant les animaux sous les yeux.
D'abord, sans doute possible, il admet le retournement de l'animal dans sa coquille; il dit en effet (p. 66), à propos du système nerveux : « La seule remarque importante est que, par suite du retournement
de l'animal dans sa coquille, la position des ganglions est singulièrement modifiée. »
Au cours de ses descriptions, il revient plus d’une fois sur cette idée, et comme incontestablement il sent que le sujet est difficile a exposer, il commence par chercher à donner de la précision aux termes qu'il emploiera; aussi, discute-t-il longuement la valeur des différentes opinions des conchyliologistes et des zoologistes relativement à la position qu'on doit fixer aux animaux.
Il me paraît inutile de reprendre cette discussion. Mon but sera atteint quand j'aurai pu établir, sans laisser de prise au doute, la valeur des termes employés ici.
Tout d’abord, je rejette absolument le système intermédiaire, si l’on peut s’exprimer ainsi, dont se sert M. Vaizcanr (p. 76 des Annales).
« Je supposerai, dit-il, dans la description, la coquille la charnière en haut et le ligament en arrière, c’est ainsi qu'est disposée la figure d'ensemble qui représente l'animal entier (fig. 4, pl. VIE. loc. cit.) Quant aux figures anatomiques, il est souvent préférable d'adopter une autre posilion qui répond à l'axe physiologique de l'être. »
1 Recherches sur la famille des Tridacnides (Ann. Sc. Nat. (5), T. ZV, 1869.)