‹ Morphologie de Tridacna elongata et de HippopusChapitre 16 sur 39 · CT ÉTÉ S · texte numérisé non relu

CT ÉTÉ S

de mots sil sé

une réserve à propos d'une opinion que j'ai déjà combattue plus haut, et que je souligne de nouveau : « La seule remarque importante est que, par suile du retournement de l'animal dans sa coquille, la position des ganglions est singulièrement modifiée. »

Il suffira, je crois, de jeter les yeux sur la planche représentant le système nerveux d’Æippopus (fig. 30 et 31, pl. IX), pour remarquer qu'il n’est pas un système d’Acéphale plus normal et plus régulier.

Pour le moment, il suffira de dire que les trois centres, qui se trouvent ordinairement chez les Acéphales, existent chez les Tri-

dacnes, ce qu'avait, d’ailleurs, parfaitement indiqué M. VarsLanr.

BoucHE ET TUBE DIGESTIF.

Dans la 7ridacna elongata, les ouvertures des organes digestifs sont caracteristiques et par leur position et par leur forme, deux choses qu'il importe de considérer dans la question qui nous occupe.

Boucue. — La bouche (B. fig. 7, 10, 18, pl. Il, II, IV) est extrèmement petite, cela a frappé tous les observateurs; elle est située et cachée au fond d’un sillon que forment deux lèvres minces, à bords libres inférieurs courts se superposant au-dessus d’une grosseur.

Comme le corps de la T. elongata est médiocrement épais, que ses proportions latérales sont moins développées que dans l'Hippope, les deux lèvres, sur les côtés, sont dirigées d’abord en arrière et en haut, remontant vers l’extrémilé dés branchies ; elles sont moins larges sur leurs côtés que vers leur milieu.

Elles se terminent par les palpes allongés, dont l'extrémité est formée par une pointe aiguë. Arrondis et larges à leurs bases, ils sont fort allongés, et leurs terminaisons sont tubulées. Leur face que l'on peut dire interne, par rapport au sillon que forment les lèvres,

est strée par des petits sillons séparés par des élévations qui partent

du bord interne, mais n'arrivent que, jusqu’au milieu à peu près, de la surface.

L'ensemble de la partie médiane des parties latérales des lèvres et des palpes, donnent à la bouche, ou mieux, à la région buccale une physionomie toute particulière, que je ne vois traduite sur presque aucun dessin relatif à la Tridacne, aussi bien de face que de profil.

Il s’en faut de beaucoup, que sur les individus conservés dans Palcool, on trouve une régularité semblable à celle que présentent les dessins accompagnant ce travail; les figures ont été rectifiées d’après l'ensemble des dispositions que présentaient les individus dont les formes m'ont paru se rapprocher le plus, de celles qui doivent exister chez les animaux vivants.

Dans tel échantillon, l’un des palpes avait la forme qui a été dessinée ; l’autre, gonflé, tuméfié ou ratatiné, ne représentait pas la forme classique du premier. Il était, ce semble; tout naturel, de donner la forme régulière à l’ensemble des quatre palpes et aux voiles médians formant le capuchon.

La bouche est en face et en arrière du crochet ; au-dessous, par conséquent, du point où le manteau se réfléchit de haut en bas en formant un bourrelet transversal, immédiatement au-dessous de la lame cardinale correspondant à la charnière.

Cette partie du manteau n’a qu’une étendue fort restreinte, et juste en face du pied, elle s’ouvre pour laisser passer le byssus et l'organe locomoteur qui le produit.

Axus.— [l'anus est situé, on l’a dit, dans la chambre postérieure ; il s’ouvre au sommet d’une très courte papille, qui n’est autre que l'extrémité du rectum sorti du péricarde et descendu sur le dos des muscles adducteurs des valves et des muscles rétracteurs inférieurs du pied, jusqu’au niveau du milieu de l’ensemble de ces muscles.

Il se trouve presque en face de l’orifice extérieur de la chambre postérieure, qui s’ouvre sur les échantillons que j'ai entre les mains, vers le milieu de la quatrième échancrure des festons du côté gauche,

en comptant à partir du bas et en arrière de l’orifice inspirateur. P

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OEsoPnAGE, Esromac ET Foie. — L'on sait que l'œsophage est très

court, qu'il conduit à un es/omac très grand dont on reconnaît très facilement la position en pressant sur le haut de la masse viscérale. Quant au foie, il est très développé et occupe tout le sommet de la masse viscérale ; il y forme comme une grosse calotte sphérique en arrière de la charnière et entoure l'estomac aussi bien en haut qu'en bas.

Sa teinte brunâtre (sur les animaux conservés) le fait facilement distinguer des glandes génitales, ayant conservé toutes, une teinte jaunâtre pâle peu accusée.

La glande génitale a son domicile réel dans l’espace compris entre le foie en haut, le péricarde en arrière, l'organe de Bojanus en arrière et en bas, et aussi en bas au-dessus du muscle adducteur; elle est donc, relativement du moins, en arrière et au-dessus de la base de la cupule pédieuse, aussi, quand son activité se manifeste, ses culs-desacs sécréteurs s'élèvent, s'étendent et couvrent plus ou moins les parties limitant l’espace qui vient d’être indiqué.

Ce qu'il importe surtout de bien établir ici, c’est la position de l'appareil hépatique formant, très au-dessus de la bouche, comme un dôme massif.

Enfin, ce qu’il importe également de noter, c’est la sortie de l'intestin postérieur, en arrière, lorqu’il s’est rapproché de l’espace péri-

cardique.

CoEUR ET PÉRICARDE

Le cœur est dans les Acéphales très constant dans ses formes et sa position. Si l’on en excepte l'Huitre, l'Arche, le Taret, l'Anomie, etc. on le voit toujours à l'arrière du corps ou très près, au-dessus du mus:le adducteur inférieur. Il est placé dans une cavité péricardique qui occupe toujours (sauf quelques exceptions) la position qu

vient de lui être assignée. Forcément, cette cavité doit être au voisi-

nage de la portion dorsale du rein, puisqu'il doit y avoir communication entre les deux. En outre, des deux côtés, les arrière-cavités du péricarde renferment les oreillettes et doivent avoir des relations avec les veines branchiales.

Le cœur et, par suite, le péricarde, se trouvent en relations forcés avec les reins et les organes respirateurs.

De plus, le rectum ou l'intestin postérieur, comme on le nomme souvent aujourd’hui, traverse le ventricule du cœur. Il faut donc, que l'organe central de la circulation occupe une position lui permettant de contracter ces rapports.

Le péricarde de la Tridacne (Peri. C., fig, 18, pl. V), peut être comparé, mais de ioin, à un triangle isocèle, à sommet dirigé en bas, à base (un peu tortueuse) supérieure. Le rectum en serait l’apodème. Les deux ang.es latéraux logeraient les oreillettes.

La voûte du péricarde est formée par les lobes de la glande génitale entre lesquels il se glisse : Au milieu, passe le rectum souvent accompagné, entre les glandes génitales, par quelques lobules du foie.

Les deux côtés latéraux se rejoignent sur la ligne médiane, au sommet de l’angle formé par les lobes latéraux et postérieurs des reins.

Deux particularités sont à rappeler pour le cœur :

10 les oreillettes sont grandes, à parois très minces comme gazeuses, aussi dans les préparations, en reste-t-il toujours des débris dans les angles où elles s’enfoncent pour communiquer avec les vaisseaux apportant le sang artériel. |

20 Comme elles se déchirent facilement, il en reste toujours quelques débris qui cachent l’orifice de communication du péricarde et des sacs rénaux.

C’est uniquement à cette raison qu’on doit attribuer les difficultés qu’on éprouve à découvrir cette communication.

Le ventricule (fig. 10, pl. IP), fournit une aorte supérieure et une inférieure ; celle-ci, offre une grande dilatation applatie et quasi triangulaire, fort nettement signalée par M. Varzzanr, qui fut frappé de son

aspect glandulaire.

On trouvera l'étude histologique de ce bulbe aortique dans le travail de M. Gnropsex. Il était nécessaire de rappeler ces particularités, mais 1l est inutile d’insister davantage, leur importance en ce

qui touche la torsion ou la non torsion de l'animal étant nulle,

Pren Er Byssus

A propos des muscles rétracteurs du pied, il a été question de l’organe locomoteur ; sans revenir sur ce qui est déjà connu, il est pourtant utile de faire une remarque relativement aux dispositions de l'organe de la locomotion et du byssus.

Le pied des jeunes Tridacnes rapportés de Tor, n’est pas entièrement semblable à celui des adultes de la même localité (fig. 14, pl. HD).

Dans l'adulte, on à vu que le très court appendice qui s'élève audessus de la cavité byssoïdale, était parcouru sur sa face antérieure par un sillon profond descendant dans la grande cavité productrice du byssus. Chez le jeune, ce n’est plus la même chose ; le pied est petit, cylindrique et terminé par une surface plane se prolongeant en haut très légèrement en pointe : Au milieu de la surface plane, on voit une partie arrondie, noirâtre, qui semble être la cavité du pied, non encore ouverte.

Le cylindre porteur de cette extrémité est bien isolé et distinet de la cupule d’où sort le byssus. Ce n’est probablement, qu’à la suite du développement, que les cavités pédieuses et byssoïdales communiquant ensemble.

Le byssus est formé d'une houppe de filaments très nettement définis (fig. 13, pl. IT), mais aux extrémités libres de ces filaments, sur les trois échantillons, s’est ajouté une sorte de masse gélatineuse mêlée à des filaments, ayant un aspect que je n’ai pas rencontré chez les adultes.

Ce fait ne semble pas avoir une grande importance ; peut-être,

est-il indépendant de la production byssoïdale. Il devait, cependant,

être signalé.

En résumé, dans la position de l’animal telle qu’elle a été fixée, ses rapports avec la coquille paraissent singuliers, puisque les crochets et la région umbonale se trouvent en avant, un peu au-dessus du pied et en face de la bouche ; mais, si l’on prend l’animal seul, dépouillé de sa coquille, il offre toutes les dispositions habituelles des Acéphales normaux, dont le manteau et les branchies ont eu leurs bords, habituellement libres, soudés par des membranes. Cette soudure a, il est vrai, donné naissance à une sorte de labyrinthe, fort embarrassant à décrire si l’on s'éloigne d’une position fixe, qui seule peut rendre les termes et les descriptions comparables et homologues. Cette sorte de labyrinthe se trouve encore compliquée par suite du développement extrême de quelques parties, qui ont comme déplacé, en apparence du moins, les rapports ordinaires. Grâce à la loi des connexions, on peut remettre les choses en place et rétablir les rapports vrais, masqués par des apparences dont il faut savoir ne

pas tenir compte.

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