COEUR ET PÉRICARDE
Le cœur (fig. 27, pl. VIT) n'offre pas une grande différence avec ce qu'on à vu chez les Tridacnes. Le ventricule (vent.), est gros, contracté, épais et présente deux masses répondant à l'insertion des oreillettes sur ses côtés.
Le Bulbe aortique (app. C), est plus accentué encore que chez ce dernier ; les angles latéraux de la partie élargie, descendus un peu vers le bas, donnent à l’ensemble du bulbe l’apparence d’un triangle équilatéral dont la base recevrait, dans son milieu, le vaisseau partant du ventricule. Il ne paraît pas très contractile, et, dans les deux échantillons, il est infiniment plus gros que le ventricule dont il est séparé par un canal cylindrique, dans lequel est logé le rectum.
Les Oreillettes (oreil.) sont vastes et occupent, semble-t-il, moins de place que dans la Tridacne. Cela tient à la grandeur relative du péricarde, et cette disposition permet de constater facilement, dans l'Hippope, l'existence et la position de l’orifice de communication avec le sac rénal (or., perit., fig. 29, pl. VIT).
Le Péricarde est, ou mieux, serait un losange à grande diagonale horizontale, en admettant que les deux angles aigus placés aux extrémités des plus grands diagonales se relevent en haut, et que l’angle obtus supérieur s’arrondisse.
C’est cette disposition des angles aigus ainsi relevés, qui permet de voir, en dessous des débris des oreillettes occupant justement le sommet de ces angles, l’ouverture très nette, à lèvres horizontales et parallèles, de l'entrée dans les corps de Bojanus.
Cette entrée, est fort difficile à distinguer dans les Tridacnes; cependant, le professeur GRoBBEx la signale ; elle existe, mais elle est masquée par les insertions de ces débris des oreillettes.
La limite postérieure du péricarde est épaisse et répond, comme on
l’a vu plus haut, à la face médiane et antérieure de la cavité palléale
postérieure ou anale. I suffit de faire deux incisions cruciales, l'une horizontale, l’autre verticale, dans le sens des deux diagonales, pour voir très nettement la disposition que rend très exactement la figure 27 de la planche II.
On reconnaît dans le haut, à la place de la portion courbée, répondant à l’angle obtus supérieur, les parties rapprochées des deux glandes génitales et, au-dessous, l'entrée du rectum qui doit traverser le ventricule.
Une bande blanchâtre, allant d’un angle latéral à l'autre, est étendue sur la bosse, tout autour de la cavité, laissant voir par transparence, la couleur des glandes génitales. Cette bande semble formée de fibres et paraît de nature musculaire ; elle représente la grande diagonale, ses deux extrémités se felèvent et sont couvertes par les attaches des oreillettes. C’est, entre le bord inférieur de cette large bande, tout au fond des angles latéraux, contre la paroi postérieure du péricarde, sur le dos du corps de Bojanus, qu'on découvre ouverture de communication en relevant les oreillettes (fig. 29). Cet orifice est aussi évident que possible.
L’angle obtus ou inférieur du losange se trouve limité par les deux parties postérieures des deux sacs rénaux, et son sommet est marqué par le tube, terminant en bas le bulbe aortique. qui renferme le rectum. |
Sur ces animaux de grande taille, le péricarde est facile à étudier ; le professeur Grobben a, d’ailleurs, fait connaître dans son mémoire de 1898, les principaux faits relatifs à l'histologie des glandes péricardiques et du bulbe aortique. 1 m'a paru difficile, sur les échantillons mollasses que j'avais à ma disposition, de voir si la structure histologique de ces parties différait de celle de la Tridacne. Cette recherche est d’ailleurs en dehors du but qui est poursuivi dans ce travail.
Je dois noter, cependant, que le bulbe aortique a une autre physionomie que dans les Tridacnes. Il est plus épais, plus massif, plus
allongé en travers et terminé par deux angles latéraux s’enfonçant