‹ Morphologie de Tridacna elongata et de HippopusChapitre 20 sur 39 · ORGANES DE LA DIGESTION · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA DIGESTION

Passons, maintenant, en revue chacun des groupes d’organes et voyons les différences importantes qu’ils présentent chez les deux genres.

Dans l'étude de la Tridacne, 1l à été nécessaire de passer d’un organe à l’autre. sans tenir compte de la relation physiologique : la chose était nécessaire, pour arriver à débrouiller les complications causées par des développements excessifs et les soudures de quelques parties ; au point où nous en sommes arrivés, il est possible de suivre un ordre plus logique et plus naturel.

La Bouche (B, fig. 26 et 28, pl. VIT et VIT) offre une différence très notable dans les deux types.

Dans la première espèce, on a vu que les voiles labiaux, arrondis vers le milieu, formaient une sorte de capuchon, en se ployant sur les côtés. C’est que, dansles Tridacnes, le corps est un peu comprimé, ou du moins non dilaté, de sorte que les parties latérales de ces voiles se courbent en arrière, très près de la bouche: l’allongement du corps étant assez prononcé, les parties latérales s'élèvent et, vues de profil, semblent devenir verticales pour aller retrouver les tentacules qui leur font suite et les extrémités des branchies.

Dans l’'Hippope, au lieu de cet étirement en hauteur, les viscères, tout en occupant la même position, croissent latéralement. De là, une apparence toute différente. Ici, les lèvres sont larges et presque horizontales vues de face (B, fig. 28); elles vont à la rencontre des palpes, qui sont à peu de chose près à la même hauteur que la bouche (fig. 31, pl. IV), mais plus éloignés d’elle que dans le pre-

mier genre,

Aussi, l'animal de l’fippope comparé à celui de la Tridacne a une physionomie très particulière.

Cette disposition est parfaitement rendue dans la figure 6 de la planche LXXX du voyage de l’Astrolabe; ce qui, naturellement, me porte à croire que l'animal observé par Quoy et GaAymar» est bien un Hippope et non une Tridacne.

Les palpes sont très grands, et leur face interne est striée dans toute sa surface, tandis que, dans la Tridacne, la moitié seulement de la largeur porte des stries perpendiculaires aux bords. Les parties moyennes, entre lesquelles s'ouvre l’orifice buccal, sont également couvertes de stries perpendiculaires à leurs bords.

L'anus (fig. 31, pl. IX), dans l’un des échantillons, était situé d’une manière un peu différente de ce que j'avais observé dans l'espèce précédente; on a vu que le rectum s’avançait à peine, au delà de la ligne de séparation du muscle adducteur et des rétracteurs du pied; ici, il dépassait un peu le bord inférieur du muscle adducteur et se trouvait un peu plus bas que l’orifice de la chambre anale.

Dans le second échantillon, le rectum s’arrêtait vers le milieu de l’adducteur et semblait sortir d’un gros canal, à parois résistantes, issu du péricarde et s’avançant sur le milieu du dos de ladducteur.

Le Foie (fig. 30 et 31, pl. IX), dans les deux échantillons que j'ai pu disséquer, n’était pas aussi complètement recouvert par les glandes génitales que chez la Tridacne, aussi, apparaissait-il dans des points où, dans ce dernier genre, on ne voyait que l’organe de la reproduction.

Ce qu'il importe de noter, c’est qu’il s’élève très haut au-dessus de la bouche. On le voit entre les deux glandes génitales, en haut, au-dessus de la bouche, derrière la crête cardinale et, entre le pied et la bouche, accompagné des ovaires de chaque côté. C’est là, un

caractère important dont nous aurons à tirer parti.

Page 1