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Dans la Tridacne, le développement des viscères superposés à accru la hauteur du diamètre vertical, si bien que la bouche se trouve en contrebas, et que la région cardinale, qui aurait dû être dorsosupérieure est descendue en avant. L'animal n'a donc pas eu à se tourner, chose aussi impossible qu'illogique. dans la coquille qu'il produit : c'est le manteau qui, en s'étendant, a causé l'apparence de déplacement.
Sil’on admet l’entraïnement vers le bas, chez la Pinna nobilis,
pourquoi se refuser à l’admettre vers le haut ici?
Quelques remarques me paraissent encore nécessaires pour achever ma démonstration. La bouche, chose remarquable, n’a pas éprouvé un entraînement vers le haut aussi grand que ses commissures, du moins chez la Tridacne.
Il est de règle que les sommets des branchies prennent origine dans l’angle que forment les deux palpes labiaux ; malgré l’entrainement du manteau, le sommet des branchies reste fidèle à ses rapports, et on les trouve cachées dans les commissures labiales. Le rapport est conservé, mais les deux extrémités branchiales, après avoir dépassé les palpes, redescendent pour revenir à la commissure des palpes (fig. 24, pl. VD et reprennent ainsi leurs rapports normaux.
Voilà un fait incontestable; il suffit de voir les animaux pour en constater la vérité: Il est à rapprocher de ce qui se produit chez l’Anomie. Chez cette dernière, le byssus s’ossifie et force, par sa résistance, l’animal à se coucher sur le côté droit : alors, le manteau s’échancre, la branchie, de ce côté, ne peut s'élever bien haut, etc’est la bouche qui, par sa commissure droite, descend vers les extrémitésdes branchies. Le rapport semble voilé, mais la connexion réelle et absolue est des plus évidentes, malgré la grimace que font les lèvres et les palpes labiaux.
Ici, nous constatons, sans doute possible, la cause de ces déformations.
Nous pourrions passer en revue, toutes les parties défigurées,
modifiées de l'Anomie, et nous trouverions toujours, le byssus ossifié, fixé à demeure sur un corps étranger, causant tantôt l’atrophie, tantôt ce développement exagéré des parties qui dès lors doivent se modifier.
Dans l’Anomie, on doit admettre que les déformations sont dues à des arrêts et à des exagérations de développement, pourquoi ne pas invoquer des causes semblables pour expliquer les anomalies des Tridacnidées ?
Chez lAnomie, un obstacle s'oppose à l'accroissement naturel du manteau; celui-ci continue à se développer, il fait le tour de lobstacle, bien plus, l’animal se trouve forcé à se pencher sur l’un de ses côtés, et l’une de ses valves s’applique sur le soutien, l’autre est alors obligée de la suivre. Le pied, si intimement lié au byssus, est forcé lui-même de se modifier, et il entraîne, sinon la modification du système nerveux, du moins son tiraillement d'un côté et sa déforma-
tion qui n’est qu'apparente, puisque tous les rapports sont conservés.
L'animal de la Tridacne, placé comme nous l'avons fait, reste avec son axe vertical et ses parties accessoires dorsales remontant très haut, un Acéphale moins anormal que bon nombre d’autres exemples.
On a eu tort de croire que la coquille pouvait être prise comme point de départ pour l’orientation de l’Acéphale : en effet, que trouvons-nous dans celle-ci? les crochets, le ligament, les dents ou la charnière et la lunule.
Les crochets suivent le ligament et la charnière. Dans la position que nous assignons à l'être, ils sont toujours supérieurs à la charnière, surtout au ligament, mais ils peuvent être plus ou moins éloignés de ces deux derniers.
La charnière, j'entends par là les dents d’engrainage, peut ne pas exister.
Le ligament est plus constant, à moins qu’il ne s'agisse de quelque cas très exceptionnel.
Quant à la lunule, elle peut n’être pas caractérisée suffisamment par sa forme pour être distincte, et il faut entendre par ce nom. la première partie des bords libres du limbe, er haut et tout à fait au contact de la partie supérieure du ligament, ou, si l’on aime mieux, la jonction des deux valves.
Crochets et ligament, voilà donc, pour le cas ou charnière et lunule ne sont point appréciables de visu, le point de repère qui pourrait servir à déterminer la position dela coquille.
Or, que l’on prenne la Psammobie (fig. 13), la Myeetc., les crochets etle ligament qui leur estinférieur occupent à peu près le milieu de la longueur ou hauteur totale; si nous les plaçons, les crochets en arrière etles siphons respirateurs en bas. Si nous leur opposons l’Huître ou le Pecten, l’axe vertical de l'animal sera, dans le premier cas, franchement vertical, dans le second, horizontal. Si l’on place dans la même position la Tridane, l’on aura les crochets en arrière, au-dessous d’eux le ligament, au-dessus la lunule, si bien que l’animal que (lon me passe l’expression) sera placé les jambes en l’air et devant derrière. En effet, la bouche sera inférieure au pied que caractérise le byssus, et celui-ci, à l’orifice inspirateur; on aura mis l’animal des Tridacnidés dans la position qu'occupent dans la nature les Myes, les Pholades, les Solen; on aura en un mot tout renversé.
C’est revenir bien souvent et tenacement sur la même idée, mais on peut juger mieux maintenant, combien il importe pour poser les êtres, d'emprunter les données aux organes profonds et principaux, et non, à l’un des organes extérieurs les plus changeants dans ses formes.
Le manteau se transforme avec l'habitat; le tube digestif et les autres viscères mous, les glandes de la reproduction restent dans les mêmes rapports, quoi qu'il arrive au manteau, et, comme cet organe
est le producteur de la coquille, celle-ci le représente fixé et moulé.
Puis-je espérer, qu'après ces considérations, j'aurai réussi à prouver
que l’animal de la Tridacne n’a pas tourné dans sa coquille ?
—$Sans doute — et c’est lembryogénie qui, bien faite sur les animaux 5
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| | " On pourrait cependant objecter qu’il serait nécessaire de nestril | comment de l'embryon on peut arriver aux conditions de l'adaité es ‘|
| 4 cités, permettra de donner des démonstrations irréfutables. Je ne De ÿ è puis les fournir pour ce qui comeerne la Tridacne, mais voici relative ce | ASE ment à l'Huître deux faits qu'il est possible d’opposer l’un à l'autre. À | Pour l'adulte (fig. 1, pl. X), il n’y a aueum doute; la charnière +
est au-dessus de la bouche. Sur un individu bien eenformé, les
deux diamètres, vertical et horizontal, mesurent exactement 7 centi-
+ LA ; Re mètres à millimètres. La hauteur est égale à la largeur, la première 2 | ik étant prise sur la limite extrême et externe du ligament. "0 À La fosse du ligament, partie centrale, et les deux extrémités com < Ans 1 prises, ont à elles trois, deux centimètres exactement. Le diamètre 3 A Lt vertical, partant du milieu du ligament, passe presque à la limite = GX Æ i es L'an, LA antérieure de l'impression musculaire. | “4 à
4 | Dans l'embryon d’une Huitre (fig. 2 et 3, pl. X), la charnière de ne
sous a la longueur des deux tiers du diamètre vertical total.
(fig. 2).
; Vue de profil, la coquille réprésente une portion de cercle régulie
occupé par le limbe qui correspond au disque moteur, mais du côté % opposé, là, justement où se trouve la charnière, les dents et artieu- 11
| : lation, la limite du profil est une ligne droite. |
à de leur mère, mais la mobilité des sé ne permet guére de voir et de dE ; Ë ee comme le montre la figure >, les dents de la charnière. e “00 Voici comment je parviens à voir cette partie dorsale dans une position convenable | N Re
et permettant le dessin à la chambre claire. En laissant sur plaque de verre se desséa 44
cher des jeunes embryons, leur coquille se remplit d'air ; en ajoutant une gouttelette
. d’eau, les petites coquilles flottent ; il est bien rare de n’en pas trouver se présentant de champ et montrant de face leur articulation. 22 C’est ainsi qu'à Mahon, en étudiant le développement de l’Ostrea Cristagalli, ù ‘ai fait les dessins qui me servent aujourd’hui et que j'étais loin, alors, de supposer qu’ me fourniraient des arguments en faveur d’une opinion sur le non-retournement de l’animal des Tridacnes.
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Or dans l'embryon (pl. X, fig. 3), on peut voir que la bouche est placée plus bas que le velum moteur, que l’anus est, aussi, plus bas encore. L'un et l’autre sont à l’opposé de l'articulation et répondent aux bords libres du test.
Comment donc le ligament de l’adulte a-t-il pu venir se placer audessus de la bouche? mais tout simplement par le développement exagéré des parties qui ont, ainsi, pris la place occupée primitivement par d’autres organes.
Que l’on observe attentivement l'embryon en le comparant à l’'Huitre placée près de lui, on sera bien obligé de reconnaître que la bouche étant en haut, l'articulation n'est pas dorsale, comme dans les Acéphales normaux, mais en grande partie inférieure et ventrale.Quel chemin ne faut-il pas que l’accroissement des parties antérieures fasse faire à l’ensemble de l’organisme pour laisser à la fois la bouche et l'articulation dans le sommet de l'animal !
Admettra-t-on que l’Huitre a tourné dans sa coquille ?
Je terminerai par ces mots : L'animal des TRripacNibés est un Acéphale normal dans toutes ses parties viscérales, seul le manteau et la coquille qu'il produit sont, dans un point de leur étendue, démesurément développés et masquent les dispositions normales que la loi des connexions rétablit. On est presque en droit de se demander pourquoi tant de peines pour arriver à un ré-
sultat aussi facile à formuler !