‹ Morphologie de Tridacna elongata et de HippopusChapitre 26 sur 39 · ARCH. DE ZOOL. EXP. ET GEN, — 3° SÉRIE. — T. X · texte numérisé non relu

ARCH. DE ZOOL. EXP. ET GEN, — 3° SÉRIE. — T. X

Nous allons étudier l'accroissement excessif de quelques parties internes du corps et de quelques organes extérieurs, facile à mettre D.

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en évidence dans le groupe, en prenant les exemples les plus vulgaires

(pl. X), eten rapprochant les types dont l’anomalie est excessive.

Voyons d’abord le type qui paraît le plus normal, l’'Anodonte : Les deux muscles, adducteurs supérieur et inférieur, ont à peu près €

le même développement, et une ligne horizontale, coupant en deux ê à

des deux moitiés se fait à l’aide du ligament et de la charnière.

Dans la Mulette des peintres, si voisine de l’Anodonte, la zone cardinale armée de fortes dents se trouve très près du milieu de 41 longueur totale; elle est franchement dorsale et les crochets sont dorsaux postérieurs et à mi-hauteur.

Beaucoup d’Acéphales dimyaires offrent une disposition analogue : les Cardium, les Vénus, les Artemises, les Trigonelles et tant d’autres qu'il est inutile de citer, présentent les moitiés supérieure et inférieure de leur corps plus ou moins égales : la région cardinale, dans tous ces cas. est vers le milieu de la hauteur, ou plus ou moins 4

remontée vers l'extrémité supérieure.

, É TR 4 < Maintenant, que l’un des organesse modifie pour répondre à quelque Fes

besoin nouveau physiologique, tantôt appréciable, tantôt sans expli cation rationnelle possible, aussitôt, nous allons voir se produire des

l'animal.

Prenons successivement des exemples.

La Mye, la Panope, la Psammobie, la Telline, l'Artemise, la 14) KES gonelle, la Pholade, etc., etc., se terrent profondément; aussi, leur k manteau se soude à la partie inférieure et, forme deux tubes. Par.

ments du manteau sont les homologues des deux appendices ou lèvres de l'extrémité inférieure du manteau chez l’Anodonte. la Mulette,:le Cardium, etc.

Mais, me dira-t-on, à l’aide de ces développements supposés, on ne peut arriver qu'à des explications qui ne sont que des hypothèses. Soit, mais là n’est pas la question. Il s’agit, en effet, de savoir si les crochets et la région cardinale de la Tridacne sont poussés, transportés, par un développement excessif des viscères vers la région qu'ils occupent et, pour arriver à la démonstration, il importe seulement de prouver que des déplacements bien plus considérables sont produits par des causes, dont la nature n’est pas toujours aussi facile à imaginer que la précédente, mais qui n’en existent pas moins.

Poursuivons donc l’énumération des cas intéressants et nouveaux de déformations, d'états anormaux. dus à des accroissements ou à des

atrophies de parties importantes :

On sait que les glandes génitales émigrent facilement.

Que devient le corps proprement dit de la Moule, chez laquelle les ovaires ou les testicules se glissent entre les lames du manteau?

Il n’en reste plus que le foie et ses muscles, car le corps rénal a suivi en partie les organes génitaux, et il est maintenant dans le fond du sillon somato-palléal.

Au contraire, dans le Pecten, la masse des glandes génitales se porte sur la face ventrale et forme cette grande bosse de polichinelle, au-dessus et en avant, du muscle adducteur.

— Le pied, de son côté, un des organes les plus importants présente des modifications non moins grandes.

Dans l’Anodonte, les Cardium, les Psammobies (fig. 13, pl. X). il est énorme; dans la Pholade, le Taret (fig. 9, 10 et 11, pl. X), il n’est représenté que par une sorte de disque. Dans les Lucines (fig. 12), les Crenelles (fig. 8, pl. X), il est d’une largeur extrème, comparée à ce qu'on trouve chez les Arrosoirs, les Pétricoles, où il est rudimentaire ;

enfin dans l'Huitre, il n’existe plus du tout.

— Voilà certainement des modifications par avortement, après les déplacements, qui modifient singulièrement la physionomie de ces animaux. De même, si l’on prenait les branchies, l’on trouverait

également des modifications sans nombre.

Choississons, à présent, d’autres modifications qui conduiront à trouver les preuves des modifications ayant causé la disposition si embarrassante qu'on observe chez les Tridacnidées.

L'étude de la Pinna nobilis de la Méditerranée est tout d’abord indiquée au point de vue qui nous intéresse.

Chez elle, toute l’activité du développement se porte dans le bas de son corps. C’est au-dessous du muscle adducteur inférieur que cette masse monstrueuse travaille à s'étendre; la branchie, portée en grande partie par le ligament falciforme, au-dessous de l’adducteur inférieur, arrive à un développement excessif, et certainement pendant l’extension, elle est, à elle seule, aussi étendue que tout le reste de la portion du corps supérieure au muscle.

Il y a, dans ce cas, comme un étirement vers le bas; les palpes labiaux sont descendus jusqu’au premier tiers de la distance qui sépare le sommet des crochets de l’extrémité inférieure du corps de l’animal normal. Cet étirement se traduit, d’ailleurs, sur la face interne de la valve gauche d’une Pinna, pêchée à Hyères (fig. 4, pl. X), et mesurant 50 centimètres de long. On voit très nettement, les lignes limitant les zones concentriques dans le point d'insertion du muscle, et, l’empiétement du point d'attache de l’adducteur inférieur est curieux à observer. Je n'ai pu en donner l'image de grandeur naturelle, et je constate que sur une réduction, on éprouve peut-être moins fortement l'impression qui naît à la vue de cet empiètement vers le bas du muscle adducteur inférieur (fig. 4, M.).

Que sont devenus chez Pinna nobilis les crochets, le ligament et comment les placer ?

Les crochets forment,maintenant le sommet, l'extrémité supérieure

de cette grande coquille. et le ligament descend au-dessous d'eux,

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jusque vers le milieu presque de la hauteur totale. Comment homologuer, quant à la position, ces deux parties avec ce que présentent les Psammobies, les Unio, les Cardium..... et enfin les Tridacnes ? Comment placerait-on ces immenses Jambonneaux, pour les assimiler aux autres coquilles? Cela serait très difficile, si l’on n’avait pour guide la position anatomo-physiologique de l’animal. Seule elle peut fournir les bases de la vraie morphologie.

Opposons, maintenant, la partie supérieure à la partie inférieure du corps de la Pinna nobilis.

La bouche est restée supérieure et, comme toujours, placée au-dessous du muscle adducteur supérieur des valves fort réduit. Ses palpes labiaux sont extrêmement larges; il sont descendus comme pour aller à la rencontre des extrémités supérieures des branchies qui viennent se placer dans l'angle de leur commissure. Cette partie supérieure du corps est étirée, allongée; des vicères, il ne reste que quelques lobules du foie . Tout le reste des organes est descendu très bas vers le muscle adducteur inférieur devenu énorme.

Dans cette immense coquille, le manteau est formé de deux grands lobes ; les branchies sont supportées par des ligaments arciformes ou falciforme, fixés sur le muscle adducteur inférieur, et sont très grands. Il suffit d’avoir sous les yeux l’animal d’une Pinna nobilis pour reconnaitre, immédiatement, que le développement excessif de la partie inférieure a entraëné tout l'organisme vers le bas.

Qu'est-il advenu du ligament cardinal? Z{ est resté dans le haut, mais il est devenu étroit et allongé. La coquille n’a une grande étendue que par la partie inférieure; elle n’est que le produit de la sécrétion

d’un manteau démesurément développé dans le bas.

Après Pinna, nous prendrons comme point de comparaison le Taret. Sa coquille est extrêmement petite, comparée à la longueur totale du corps. Chose bien intéressante, c’est le muscle adducteur inférieur qui est conservé, dans des proportions énormes de taille, si on le

compare à la petitesse des valves.

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Le 3272 PE

à pps

Si l’on oppose la Tridacne au Taret, on voit que tout est différe

“4 el opposé dans les deux animaux, bien qu'au fond le plan soit fondamentalement identique. 1 pe

Tout, dans le Taret (fig. 9, 10 et 11), se porte au-dessous du musele ,

ra.

adducteur inférieur, tout se porte au-dessus dans la Tridacne. 21 Li le premier, la bouche se rapproche du rectum et descend vers Je ge cœur placé très bas, Dans la Tridacne, le cœur remonte bien au- -dessus de la bouche, sur le dos. Il n’y a pas trace de glandes génitales et rénales dans la Tridacne au-dessous du muscle et du pied. Dans 1 TA ÈER Taret, ces deux glandes sont inférieures et nous venons de dire, qu'il n'y avait rien que l’œsophage, la bouche et le commencement du.

rectum au-dessus du muscle adducteur inférieur.

moins grandes. ; Les trois ouvertures, qui sont toujours constantes, quand les bords À ne a |

sont soudés, existent dans les deux; mais quelles différences dans les 1 #8

De

deux êtres! On connaît les orifices chez la Tridacne. Chez le rare LH qui ressemble si bien à un Ver qu'il a été longtemps considéré comme à : tel, le diamètre transverse n’est pas la vingtième partie de la lon & gueur ou hauteur totale. Le manteau forme un tube cylindrique, dont &; l’une des bases, la supérieure, donne passage au disque charnu qui représente le pied par un orifice aussi grand que la section du cylindre lui-même. La branchie, qui occupe près de la moitié inférieure du tube, le partage en deux chambres, l’une antérieure, l’autre postérieure; 3 chacune de ces chambres a son orifice d'entrée, ou de sortie. — Ces SE deux ouvertures du manteau, qu'elles soient à l'extrémité de tubes | séparés ou de tubes très rapprochés, sont toujours placées vers la base palléale et inférieure du cylindre, soit à l'extrémité du diamètre vertical. 3

Tout ce qui pend au-dessous des valves, est la partie inférieure du Æ æ corps, vingt fois plus grande que les valves. Il a fallu un arrèt de. développement du pied et de la Coquille, et d’un autre côté, un alor gement extraordinaire du corps vers le bas, pour donner au Taret | celte physionomie si étrange. de 4 de Le

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Il est donc difficile de trouver un type plus anormal en apparence, et cependant, à l’aide de la loi des connexions, tous les organes sont facilement remis en leur place respective.

On avait pensé, que les palettes et les muscles qui les unissent, étaient des portions de l'organisme descendues et représentant le muscle adducteur inférieur; mais 1l m’a été possible de montrer les homologies réelles et d'interpréter ces déplacements en recherchant

tout simplement quelle était la marche du tube digestif.

Après le Taret, je dois examiner encore le cas de l’'Anomie.

L’Anomie s’estfixée sur un corps étranger à l’aide d’un byssus devenu osseux et perdant toute fexibilité. Sa coquille s’est accrue, en rencontrant la résistance du byssus devenu rigide et indéplaçable. Elle à été forcée de contourner le corps étranger, l’ossicule homologue au byssus; de là, une forme de coquille très embarrassante. Mais la loi des connexions ne laisse aucun doute. d’après la position des viscères et la distribution des ganglions et des nerfs, sur la nature des organes contournés et déformés autour du byssus. Je soulignerai, cependant, que les glandes génitales passent dans l’un des lobes du manteau, et sont suivies dans ce déplacement par le stylet hyalin occupant le cœcum stomacal.

Cet exemple est typique et l’on ne peut se refuser à admettre les déformations dues à des entrainements causés par des développements anormaux ; puisque l’on reconnaît ici la cause évidente du

phénomène.

Encore un dernier exemple : Lorsque l’Arrosoir ‘fig, 6, pl. X) est tout jeune; son embryon est enfermé dans deux valves parfaitement régulières et symélriquement égales ; mais le corps augmente de volume et les valves restent très peu développées ; alors se forme l’animal le plus singulier, certainement, du groupe.

Le corps tout entier est hors des valves restées sur son dos, comme

une selle; la coquille à une taille de quelques millimètres, oppo-

PS

sée à un être ayant jusqu'à dix centimètres de long, et, cependant, système nerveux, organes digestifs, bouche, branchies, pied fort petit, corps de Bojanus, cœur et péricarde, ont une organisation absolument normale. Toutes les anomalies proviennent donc, d’un arrêt de développement de la coquille et de la fermeture du manteau qui

sécrète un tube protecteur d’une tout autre nature que la coquille.

Un phénomène analogue va nous suffire pour expliquer la situation si particulière des crochets et de la lunule des Tridacnidés.

Ce qui choque dans ce dernier cas c’est de voir au devant de la bouche, du côté antérieur, les crochets, la lunule et la région cardinale, alors que tout cela devrait être en arrière et sur le dos.

Soit, mais, est-ce là un cas absolument isolé? n’y a-t-il pas d’autres Acéphales présentant des états intermédiaires, et ne trouve-t-on pas des inversions spéciales aussi grandes ?

Chez les Crenelles, les Lucines, les Chames (pl. X), le muscle adducteur, qui est supérieur à la bouche dans les Acéphales normaux, change de situation et passe en avant de l'orifice buccal ; le fait est très marqué. [Il est indéniable ainsi que le montrent les figures de la planche X.

La Chame griphoïde de la Méditerranée fournit déjà un exemple bien caractérisé du déplacement du muscle adducteur supérieur ; Mais, sur des individus de taille bien supérieure et que je dois encore à l’obligeance de M. Boutan qui me les a rapportés de la mer Rouge (fig. 7, pl. X), le muscle adducteur supérieur (m s, fig. 7) ne mérite plus son nom : Il est tellement passé en avant et en bas, que son bord inférieur est sur la même horizontale que le bord inférieur du muscle adducteur postérieur. — Personne je crois, n’a eu l'idée de parler de la torsion de l’animal de la Chame dans sa coquille. — Il est trop évident que cet Acéphale n’est nullement tordu et, cependant, outre cette position pré-orale du muscle, je constate que le ligament (ch., fig. 7, pl. X) est directement supérieur à la bouche, la charnière également, mais un peu plus en avant.

S’il y avait une lunule, comme elle est toujours en avant des crochets et comme ceux-ci sont absolument au-dessus de la bouche, à l’extrémité supérieure de l’axe vertical, {a disjonction de deux valves, après leur union cardinale qui correspond à la lunule, se trouverait en avant de la bouche, mais séparée de celle-ci par le muscle adducteur supérieur devenu antérieur.

Pourquoi la région cardinale ne pourrait-elle faire de même et devenir antérieure par suite d’un développement excessif des parties inférieures et postérieures ?

A-t-on jamais observé, au point de vue qui nous occupe, le Mollusque, le plus vulgaire, l'Huitre? Son ligament, sa région cardinale, sont très courts l’un et l’autre, si l’on compare leur étendue à celle de l’ensemble des bords libres du limbe de la coquille? — Or cette région dans l’Huître est très exactement, non plus sur le dos de l'animal, mais au-dessus de sa bouche (fig. 1, pl. X).

La position de cette région cardinale ne me paraît pas avoir occupé suffisamment les zoologistes, à ce même point de vue, dans l’Huïtre, vue et revue chaque jour. Cependant il y a eu là un déplacement évident et fort considérable, si l’on étudie les mêmes parties chez les différents types d’Acéphales. Si la région cardinale se déplace, la lunule, qui est au-dessus d’elle et les crochets qui sont près de chacun de ses côtés, doivent les uns et les autres la suivre, et c’est, en effet, ce qui arrive :

La région cardinale est allée plus loin chez la Tridacne que chez l’'Huitre; au lieu de rester supérieure, elle est descendue en avant de la bouche, le corps restant fixe, dans la position normale.

À quoi est dû ce mouvement de déplacement qui n’est qu’apparent et non réel ?

(Je suis convaincu que l'embryon de la Tridacne, comme celui de l'Huitre (fig. 2 et 3, pl. X) a ses valves normalement posées et sa charnière dorsale — cela était prévu pour l’Anomie et a été démontré pour l’Anomie — j'ai en éffet des jeunes d’Anomie excessivement

petits, dont les deux valves sont symétriquement semblables.)

Tout s'explique par la marche rapide du développement des

organes dans un sens, et l'arrêt des progrès dans la région care dinale. Celle-ci en retard a été dépassée ou a semblé s’être déplacée. sA 1 Puis, sa position relative a paru modifiée par le grand accroissement | sl 4 du manteau. 4 , à Il nous paraît impossible de se refuser à admettre que, dans Fe «ie 4 position rationnelle de animal, tous les organes sont en pores ) normale, et bien plus normale que dans l'Huître, l'Anomie et lof | Taret, pour ne rappeler que ces trois exemples.

Nous avons trouvé successivement chez la Tridacne, en NE: ce

de l’adducteur inférieur, et en remontant: le corps rénal, le péricarde <)

PORC PRE MONET Te LT mL En CE

et le cœur, la glande génitale et le foie, en avant, la bouche, et au- D, de dessous d'elle, le pied. Nous avons vu que le système nerveux Ci

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n'a été question que des centres) était schématiquement régulier.

‘+ il Or le foie est très haut remonté. Les reins énormes reposent | ï sur le muscle adducteur inférieur et refoulent le péricarde et les LE glandes génitales ; ainsi, la masse hépatique forme, au-dessus de la. #! bouche, une masse considérable. Celle-ci n’est plus en face de : h l'estomac et du foie, mais plus bas que ces parties. Le manteau, me 4

son côté, a pris un développement considérable dans la partie qui.

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porte les lobes, située au-dessus de ce qui est la région cardinale.

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pe "A gauches du manteau, paraît, par suite, en haut dans l'Huiître, en. ae haut et en avant dans la Tridacne.

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